La bâtisse scolaire qui a été livrée dans l'urgence en 2008, s'est avérée au départ, exiguë pour une population qui ne cesse de croître.
Une école qui n'a rien d'un établissement scolaire bien qu'elle occupe une place dans les statistiques livrées en grande pompe à la rentrée scolaire. Les salles de classe, au nombre de neuf, donnent toutes sur une rue des plus bruyantes; elles sont censées accueillir 850 élèves. Le directeur, fraîchement installé, s'est arrangé tant bien que mal pour répartir les élèves à 60 par classe, donc trois par table. Cette réalité amère est bien loin de celle que les responsables du secteur veulent bien nous faire entendre en usant de la politique, combien trompeuse, des statistiques et des moyennes. «La moyenne dans notre wilaya est de 34 élèves par classe», avait clamé, presque euphorique, le directeur de l'éducation à l'occasion de la rentrée scolaire.
Certes, l'école en question est située dans un quartier où la densité des habitants est des plus importantes. C'est vrai que ce quartier «Douar El Hommoss», est, à l'origine, un quartier illicite mais nous n'en sommes plus là du moment que les autorités publiques, devant le fait accompli, ont accepté son existence et ont même procédé à la construction d'une «école». En 2008, l'école a été livrée dans l'urgence et s'était déjà avérée exiguë pour une population qui ne cesse de croître.
Le projet de son extension par la construction de trois nouvelles salles ne date pas non plus d'aujourd'hui, il serait retardé par l'avis du CTC, selon des sources proches de la direction de l'éducation. Rien que ça, le CTC peine à trancher pour la construction de trois salles ! L'autre aspect qui enfonce davantage le clou est paradoxalement la mise en place d'une association de parents d'élèves qui n'a jamais pu être réalisée. «Toutes les tentatives de créer l'association ont échoué. Des personnes qui n'ont même pas d'enfants scolarisés veulent l'intégrer», nous explique le responsable du comité de quartier. Ainsi le directeur sortant n'avait aucun vis-à-vis pour l'interpeller, tant sur l'urgence de l'extension que sur la dégradation qui achève le boulot: 65 vitres brisées, aucune porte ne ferme, sanitaires sans eau ni robinet et par-dessus tout, pas l'ombre d'une plante; que des murs badigeonnés de poussière rougeâtre. Un lieu où l'enfant est censé apprendre à se laver les mains, un lieu qui se veut attirant au lieu de rebuter l'amour de la science et de la connaissance !
Un décor des plus violents qui interpelle les responsables à l'humaniser et l'adoucir afin de permettre à nos chérubins d'opter pour la non-violence.
A l'extérieur, même décor. Terre battue et crevasses qui donnent une idée sur des gamins qui pataugent dans la gadoue par temps de pluie.
Pour l'anecdote les habitants des environs nous ont affirmé qu'en hiver ils ont toujours une paire de chaussures de rechange. «En hiver, nous utilisons deux paires de chaussures, une pour la boue et la deuxième pour le centre-ville», nous ont raconté plusieurs riverains de l'école. Ce qui frappe le plus, c'est une bouche d'égout à quelques mètres de la porte d'entrée, couverte à l'aide d'un vieux sommier qui ne semble gêner personne alors qu'elle dégage une odeur infecte. Non loin de là un marché informel de légumes. En face, se dresse une mosquée somptueuse au décor andalou; elle domine de son haut minaret ce semblant d'école où des enseignants peinent à apporter un peu de connaissances à nos enfants.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lounes Gribissa
Source : www.elwatan.com