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De Gao en passant par Bordj Badji Mokhtar, Ouargla, puis Batna et parfois via Ghardaïa, des jeunes Maliens qui fuient la guerre s'aventurent dans ce périple.
Au poste-frontière de Bordj Badji Mokhtar, ils se font établir le fameux sauf-conduit qui leur permet de circuler sur le territoire algérien, mais ils n'ont droit qu'à trois mois ! Une fois les trois mois écoulés, ils sont considérés comme clandestins et au premier contrôle, ils sont refoulés vers Tinzaouatine où ils sont casés dans des maisons de fortune. Ils pouvaient quitter le territoire algérien et revenir en se faisant établir un nouveau laissez-passer, mais depuis la fermeture des frontières, c'est le dilemme : ne pouvant pas quitter l'Algérie, ils sont tous réduits à la clandestinité. Moussa Si, Youcef Baghayogo et Mohamed rencontrés hier matin au café Koulib, point de chute de leur communauté, situé au centre-ville, sont de ceux-là.
L'air plutôt méfiant, le regard fuyant avec une expression d'angoisse, ils nous ont raconté que la guerre les a surpris à Gao où ils sont venus de Bamako pour chercher du travail. «Déjà à Bamako, nous avions projeté de venir en Algérie pour tenter notre chance pour partir vers l'Europe», raconte Youcef. Une fois à Gao, où ils devaient travailler pour faire quelques économies, ils ont vite fait de la quitter, car «la charia était déjà de mise et cela ne nous arrangeait pas du tout», explique Moussa Si. Ils décident de quitter Gao et se dirgent vers Bordj Badji Mokhtar et là ils ont été obligés de rester trois semaines pour gagner un peu d'argent qui leur a permis de continuer le long périple qui les a menés jusqu'à Batna, ville devenue depuis plus de deux ans un lieu de transit pour les migrants.
Leur inquiétude s'est installée depuis l'instauration de la nouvelle réglementation, autrement dit depuis la fermeture des frontières. «Après avoir ramassé un peu d'argent à Bordj Badji Mokhtar, nous nous sommes dirigés vers Adrar et tout de suite après vers Ouargla. Là, notre séjour a duré une dizaine de jours ; nous y avons travaillé pour des particuliers après quoi nous avons rejoint Batna et nous y sommes depuis deux semaines», nous a précisé Mohamed non sans faire allusion au sursis qui les sépare de la date d'expiration de leur laissez-passer, «car avec la nouvelle loi, même les particuliers chez qui nous quêtons du travail refusent de nous en donner si notre laissez-passer a expiré», renchérit Youcef. Deux de leurs compatriotes, dont les papiers ont expiré, ont été arrêtés cette semaine à Aïn Oussara.
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