
On aurait aimé voir dans cette indignation suspecte des arguments bien plus crédibles, tels que l'exigence de manifestations culturelles d'une toute autre facture, des conférences d'historiens avérés, des expositions, et des artistes venus des quatre coins du pays.Le compte rendu de la commémoration du centenaire de la naissance de Mostefa Ben Boulaïd dans un certain journal et les réseaux sociaux s'est caractérisé par de surprenants commentaires et des critiques oiseuses à l'encontre des organisateurs de la manifestation. Pêle-mêle, on a cloué au pilori les dépenses faramineuses pour un tel événement, en ces temps de crise économique, vilipendé l'indigence supposée des activités artistiques qui n'auraient strictement rien à voir avec la personnalité de Mostefa Ben Boulaïd et mis à l'index le fait que les sommes allouées auraient pu faire le bonheur des citoyens d'Arris et de Batna. Né le 5 février 1917 à Arris, au sein d'une famille chaouïa aisée des Aurès, Mostefa Ben Boulaïd est un héros de la guerre de Libération nationale, membre fondateur du Comité révolutionnaire pour l'unité et l'action (CRUA), président de la réunion des 22 un 25 juin 1954 à Batna au cours de laquelle fut définie une vision stratégique préparatoire du déclenchement de la lutte armée. Après avoir milité dans les rangs du Parti du peuple algérien (PPA), il joue un rôle important dans l'Organisation spéciale l'(OS), au sein de laquelle il s'est investi dans la formation politique et militaire des jeunes recrues.C'est alors qu'il a commencé à se procurer des armes achetées avec ses propres ressources et qu'il a assuré l'hébergement des militants pourchassés par les autorités coloniales. Il a supervisé personnellement la distribution des armes à ses militants. Ce que les auteurs de ces pamphlets pathétiques paraissent ignorer, ou mésestimer, c'est que Ben Boulaïd a dépensé sans compter pour la Révolution, sacrifiant tous les biens de sa famille, quitte à déposséder les autres membres, et cela pour la cause sacrée du recouvrement de l'indépendance. Quoi de plus naturel dès lors que la wilaya de Batna ou la ville d'Arris lui rendent hommage aujourd'hui. On aurait aimé voir dans cette indignation suspecte des arguments bien plus crédibles, tels que l'exigence de manifestations culturelles d'une toute autre facture, des conférences d'historiens avérés, des expositions, et pourquoi pas toute une gamme de variétés conjuguant des artistes venus des quatre coins du pays. Cela aurait été le plus bel hommage à un homme qui a tant donné à l'Algérie et qui mérite, c'est le moins qu'on puisse dire, que l'Algérie salue en lui un digne fils de la terre chaouïa. Après tout, il fut responsable de la zone I des Aurès, un lieu qui mobilisa fortement l'armée française et qui paya un lourd tribut pendant la guerre de libération. Il fut aussi l'un des membres du «Comité des six» chefs insurrectionnels, et c'est lui qui présida à la direction des opérations du déclenchement de la Guerre le 1er Novembre 1954, dans la région des Aurès. Pour tous ceux qui semblent ou veulent l'oublier, ce sont là autant de faits qui rendent la commémoration à la mesure du personnage et peu importe ce que cela aura coûté car l'Algérie indépendante doit beaucoup à Mostefa Ben Boulaïd pour chicaner sur les petites dépenses d'une manifestation somme toute exceptionnelle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com