Créer une association de quartier ne coûte rien, et puis, il est facile de mettre sa main dans la pâte pour bien arranger son cadre de vie, non '
Dans la partie sud de la ville de Batna, deux cités mitoyennes, Ezzouhour et Ennassim, comme pour prouver qu'elles ne portent pas bien leur nom, rivalisent dans le laisser-aller. Un peu plus d'attention de la part des gestionnaires rendrait certainement justice à ces deux quartiers et les soutirerait de leur marasme. Eloignés les uns des autres, les immeubles qui les constituent semblent bien entretenus et jouissent de grands espaces. Quelques acacias plantés par la bonne volonté des riverains s'apprêtent, grâce au bon vouloir de dame nature, à fleurir et ainsi apporter un peu de couleur et égayer la vue. Les routes qui traversent les deux cités, en long, en large et en travers, attendent d'être bitumées. Les grands espaces laissés en jachère ne demandent qu'à être exploités et servir, pourquoi pas, à des terrains de jeux tant pour les petits que pour les grands. Au lieu que ces espaces servent à quelque chose, on a préféré les garder en l'état, boueux en hiver et poussiéreux en été.
Et ils servent de parkings aux bus et autres poids lourds en panne. En effet, le visiteur est frappé par la présence de plusieurs bus garés à l'intérieure de ces deux cités. L'autre aspect, et non des moindres, est celui des garages situés au rez-de-chaussée des immeubles dont les rideaux métalliques de plusieurs d'entre eux sont éventrés. «La plupart de ces garages ne sont pas exploités et ceux dont les rideaux sont cassés servent de repaires aux jeunes adolescents qui viennent s'adonner à des jeux dangereux ! » nous explique un jeune étudiant habitant la cité et qui nous a servi de guide. Lorsque ce ne sont pas de jeunes collégiennes qui y sont traînées par des adultes, ce sont des jeunes adolescents qui s'y cachent pour snifer la colle Pattex ! Ces mêmes garages n'en finissent pas d'inspirer les jeunes personnes, qui vont jusqu'à s'en servir comme chenils. Par ailleurs, les jeunes habitants, qui ont fini leurs études et ne trouvent pas du travail, passent leurs journées, soit au café ou bien au salon de thé, deux lieux uniques où ils se rencontrent pour, sinon à s'adonner à des parties interminables de dominos, à rêvasser sur les possibilités d'aller faire leur vie ailleurs.
Sinon, tous les habitants des deux cités s'approvisionnent par citerne en eau potable lorsque l'eau minérale n'est pas à portée de leur bourse. Et pour cause, «ici, personne ne consomme l'eau du robinet ; c'est une eau boueuse et nauséabonde», nous explique encore notre guide. Un problème que posent tous ceux qui sont approvisionnés par le barrage, et qui persiste tant que l'énigme de cette odeur repoussante n'est pas résolue. Les habitants de leur côté, ne semblent pas se préoccuper outre mesure de cette situation. Aucune organisation sous forme d'association ou autre comité de quartier. Ils donnent l'impression d'être satisfaits de la cité dortoir qui les abrite. Et pourtant, un peu de verdure pourrait adoucir leur vie et quelques balançoires distraire leur progéniture.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lounes Gribissa
Source : www.elwatan.com