Le procès s'annonçait long, s'agissant de l'une des affaires des plus attendues cette année, à savoir le jugement des présumés terroristes ayant planifié et aidé à l'attentat qui a ciblé le président de la République lors de sa visite à Batna, le 6 septembre 2007. A lui seul, le principal accusé dans cet acte a consommé trois heures de temps pour son passage à la barre. Walid Zeghina, 28 ans, tôlier, d'un niveau de 7e année moyenne, est un ancien membre de katibat el maout – responsable de l'attentat – repenti en 2006. Son interrogatoire n'a pas été de tout repos pour le juge qui n'a pas réussi à le coincer à tous les coups.
L'accusé a, en effet, changé sa version déposée devant les enquêteurs de la police et le juge d'instruction, arguant avoir fait des aveux sous la torture. A la question de savoir pourquoi il est revenu à l'activité et à la fréquentation des terroristes – «vous avez bénéficié des dispositions de la réconciliation nationale et on ne vous a même pas fait de dossier», a dit le juge – il a répondu qu'il agissait sous les menaces de l'émir de la katiba. Ce dernier, Ali Mehira alias Abouraouaha, originaire de Batna lui aussi, devait àªtre jugé par contumace en tant que premier commanditaire de l'attentat, à l'instar des émirs de l'ex-GSPC, devenu Al Qaîda au Maghreb islamique. Zeghina a nié formellement avoir recruté, 3 mois auparavant, 6 jeunes du quartier de Parc à fourrage qui ont rejoint le maquis ; il a surtout démenti avoir transporté et guidé le kamikaze. Sa prétention d'avoir été en compagnie de l'émir Abouraouaha ce jour-là a provoqué des rires contenus chez le public nombreux qui assistait au procès dans un silence de cathédrale. «Vous prétendez que l'émir activement recherché depuis 16 ans s'est baladé dans la ville de Batna le jour d'une visite présidentielle '», a rétorqué malicieusement le juge.
Petit rappel des faits : le kamikaze envoyé par la katiba, Houari Benlazreg, était descendu de la colline boisée qui prend naissance au sud de la ville, du côté du quartier de Tamechit. C'est là que Walid Z. attendait le terroriste pour l'introduire dans la ville et étudier avec lui l'itinéraire du président. Le projet avortera grâce à la vigilance de la police, mais fera tout de même un carnage parmi la population : 25 morts et 172 blessés.
En début de soirée, le représentant du ministère public a requis la peine capital contre le principal accusé, ainsi que contre Dib M. L., le chauffeur qui a conduit le kamikaze. Des peines de prison allant jusqu'à 20 ans ont été par ailleurs requises contre d'autres membres du groupe. Le procès se poursuivra aujourd'hui.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Nouri Nesrouche
Source : www.elwatan.com