
Un an après la tragédie provoquée par la consommation de cachir avarié qui a coûté la vie à deux enfants de Kaïs, 25 km au nord du chef-lieu de wilaya, Khenchela, les pouvoirs publics chargés de l'enquête n'ont pas encore situé les responsabilités. Sur le plan judiciaire, l'affaire n'a pas évolué d'un pouce, et ce, malgré les multiples mouvements de protestation populaire et les centaines de plaintes déposées.Les familles des victimes rencontrées récemment à Kaïs, à l'occasion de la commémoration du premier anniversaire de ce drame mortel survenu en juin 2015 et dont les victimes sont Rédha Aït Abderrahmane et Haroun El Rachid Derardja, tous deux âgés de 11 ans, sont toujours en attente des résultats de l'enquête. «Nous exigeons la vérité sur la mort de nos enfants innocents. Il ne faut pas faire mourir deux fois les victimes», déclare Aït Abderrahmane Abdallah, le père du petit Rédha, qui pointe toujours du doigt le producteur de cachir et l'épicier de son quartier. Il veut qu'il y ait des poursuites judiciaires à l'encontre des responsables de cette catastrophe.Pour rappel, les familles des victimes ont porté plainte au niveau du tribunal de Kaïs et attendent impatiemment les résultats des analyses de l'enquête : «Nous avons confiance en notre justice, mais nous ne baisserons pas les bras tant que la vérité ne sera pas connue et que ceux qui sont à l'origine de la mort de nos enfants ne seront pas jugés et condamnés.» Tout a commencé en juin 2015, lorsque l'hôpital de Kaïs a admis six malades suspectés d'avoir contracté le botulisme. Le point commun entre eux étant la consommation de cachir acheté chez le même épicier de quartier à Kaïs.Ces patients furent rapidement évacués vers le CHU de Batna, dans un état jugé critique. Ils furent placés en respiration artificielle. Après une dizaine de jours d'hospitalisation en réanimation, Rédha et Haroun El Rachid, parmi les neuf patients dans ce service ? présentant des symptômes inhérents au botulisme ? décédèrent, ainsi qu'une personne de 66 ans, originaire de Batna, et ce, à la même période et dans les mêmes circonstances.INCOHERENCE DANS LES RESULTATS D'ANALYSELes échantillons de cachir acheminés pour analyse à l'Institut Pasteur à Alger se sont avérés sains (El Watan a pu consulter le contenu du rapport qui confirme l'absence de toute bactérie ou autre microbe pathogène). Par contre, ceux des échantillons de cachir analysés par le laboratoire d'hygiène de la wilaya de Batna étaient, au contraire, positifs et confirmèrent «la présence de germes responsables d'une toxi-infection d'origine alimentaire», selon les déclarations faites à l'APS par Abdelhafid Seddouk, chef du service de prévention à la DSP de Batna.Les parents des victimes s'interrogent à ce jour : «Puisque les résultats des analyses sont positifs, et ont même été mentionnés sur les certificats de constatation de décès, pourquoi n'y a-t-il toujours pas de poursuites judiciaires contre les responsables de ces crimes'» Ils accusent directement le producteur de cachir ainsi que le vendeur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Taïbi
Source : www.elwatan.com