Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales organise à partir d'aujourd'hui samedi une formation de gestion locale au profit de 1.541 présidents d'Assemblées populaires communales (APC), a-t-on appris mercredi auprès du ministère. Le coup d'envoi de cette formation d'envergure sera donné à l'Ecole nationale d'administration (ENA) par le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, M. Noureddine Yazid Zerhouni. La formation, dont l'objectif est de permettre aux présidents d'APC d'acquérir des connaissances liées à la gestion locale, «s'inscrit dans la démarche de la modernisation de l'administration territoriale», a-t-on souligné de même source. Il s'agit également de «développer la performance du président d'APC en sa qualité de premier gestionnaire de la commune», a-t-on ajouté. «Huit domaines de formation prioritaires à réaliser en quatre semaines» ont été ciblés à l'issue d'un travail d'analyse des activités et des compétences liées aux exigences de la bonne gestion locale. Ces domaines concernent la communication, la planification stratégique, les finances locales, les ressources humaines, le management opérationnel, l'état civil, l'hygiène et la salubrité, les instruments et, enfin, les actes d'urbanisme. La formation qui s'étalera jusqu'au 12 juin, se déroulera dans huit centres, à Batna, Tiaret, Alger, Sétif, Annaba, Médéa, Ouargla et Oran. Les 1.541 présidents d'APC concernés par la formation seront organisés en 64 groupes pédagogiques d'une moyenne de 25 personnes et chaque élu aura à suivre quatre semaines de formation, soit 144 heures, auxquelles il participera de façon alternée et discontinue d'une semaine sur deux, a-t-on expliqué. 250 experts seront mobilisés, outre les professeurs d'université, pour cette formation qui est organisée en collaboration avec l'Université de la Formation Continue, a-t-on précisé. A chaque fois que l'on évoque les communes, les wilayas et les daïras, il est question de tout sauf de communication, or cette dernière constitue l'enjeu même du changement. Le plan stratégique de grande envergure, élaboré par le ministère de l'Intérieur, avec l'appui logistique de l'UFC, qui entre en action à partir d'aujourd'hui, contribuera à tout le moins à corriger le tir. «Communication !» Le mot est lancé comme une mode. Tout le monde s'y réfère, les linguistes comme les politiques, les sociologues comme les publicistes, les psychothérapeutes comme les militaires. Certes, le concept sonne bien. Il fait moderne, évolué, alors on se l'approprie. On l'utilise et le réutilise souvent à tort et à travers : le chef d'entreprise «communique» ses ordres à ses subordonnées. La télévision «communique» ses messages à sens unique. Les enseignants «communiquent» à leur façon leurs connaissances. Progressivement, le vocable, devenu stéréotype, s'étend à toutes les pratiques sociales. Où en sommes-nous dans ce domaine ? Quels sont nos échecs, nos réussites ? Alors que dans de nombreux pays le développement des activités de communication est placé au rang des priorités nationales, chez nous, comme en témoignent les nombreux dysfonctionnements, trop de signes évidents incitent à douter qu'il y ait véritable désir d'établir une interaction efficace entre citoyens. Même les secteurs concernés, que l'on peut regrouper sous le label «communication», ne semblent guère prêts à donner l'impulsion nécessaire. D'où l'impératif absolu de marquer une pause afin de mieux appréhender l'ère nouvelle qui s'annonce. Une chose est certaine : plus on «communique» et plus on se sent loin de l'autre. On n'échange quasiment plus de points de vues. On se comprend de moins en moins. On parle, certes, de communication, mais sans trop y croire. Le concept évoqué par les uns et les autres paraît encore flou. Si le terme «information» est facile à définir, nous ne pouvons en dire autant en ce qui concerne le concept de communication. En parler revient à s'interroger sur nos capacités à mobiliser les compétences, à renouveler les connaissances et à faire pénétrer l'innovation et l'excellence dans tous les domaines de notre vie quotidienne. En parler revient à mettre en exergue les dysfonctionnements actuels et les mutations en cours liées à l'avènement des technologies nouvelles. Communiquer véritablement est un art et non un don inné. Loin d'être automatique, la communication n'est ni une panacée technologique, ni un processus unique, ni un phénomène passager. Elle n'est pas non plus une idéologie comme on a souvent tendance à le faire croire. La communication, pierre angulaire du développement et élément vital du dynamisme d'une société, est tout d'abord une science qui émerge normalement de la théorie de l'information. Elle est aussi un mécanisme qu'il importe de démonter pour en comprendre le fonctionnement. Elle est enfin, un fait social majeur, une vision des choses, des événements et des hommes dans leurs comportements individuels et collectifs, un modèle donc de culture et de pensée qui fait appel à des méthodologies et à des techniques spécifiques. Elle annonce la cohésion et l'unité des groupes sociaux dans l'accomplissement des tâches collectives. Elle fait aller de l'avant et assure la promotion sociale et la valorisation des individus et des groupes. Elle contribue à la résolution des problèmes interpersonnels en diminuant les désaccords et en faisant baisser les tensions, les désordres et les conflits. Encore faut-il apprendre à communiquer authentiquement. Encore faut-il être à même de décoder les difficultés relationnelles.
Le concept de communication, un vain mot ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Bensalah
Source : www.lequotidien-oran.com