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Colère et terreur parmi la population



Colère et terreur parmi la population
Les quatre patriotes victimes de l'embuscade tendue par des présumés terroristes dans la matinée de mardi ont été enterrées dans la soirée même. Les malheureux venaient du village de Tamahrit, dans la daïra de Aïn Djasser, pour assurer la garde durant la nuit dans une ancienne école transformée en fortin, au lieudit Chal Amellal, non loin de la commune de Merouana.Chal Amellal est situé dans une région presque déserte ! Quelques maisonnettes éloignées les unes des autres, des semblant de fermes où vivent des paysans qui élèvent quelques bêtes et exploitent des lopins de terre pour des cultures vivrières. Le lieu du crime est à deux kilomètres de là, dans un grand virage, en contrebas d'un monticule bordé de rochers donnant sur la commune de Ali n'Meur (ex-Bozo).L'endroit inspire facilement le scénario et dénote d'une planification méticuleuse. Le site garde les stigmates du feu qui a ravagé le véhicule des malheureuses victimes : des débris de verre, une tache noirâtre, de la suie. Dans le même virage, à la même place, se rappellent des gens que nous avons interrogés, Ayach Selloum et son fils ont été assassinés dans les années 1990.En contrebas, un oued. Un habitant des environs nous confie : «Cela fait exactement cinq ans que j'habite ici et je n'ai jamais osé traverser ce oued. Et dire que durant la guerre de Libération il m'arrivait même de passer la nuit dans la forêt.» Et d'ajouter : «C'est probablement par là qu'ils se sont enfuis après avoir commis leur forfait.» Ils : ce sont les membres du groupe criminel qui ont commis l'attentat. En effet, la route qui serpente dans une descente vertigineuse vers Merouana est parfois effrayante tant la circulation n'est pas du tout dense. «Mardi, je n'ai vu aucune voiture passer dans la nuit», nous a confié la même personne.Cette information nous a été confirmée plus tard, dans un café de Merouana, lors d'une discussion avec un citoyen rencontré au hasard de notre enquête : «Plusieurs personnes ont changé leur plan après l'attentat. Elles avaient prévu de partir dans la soirée à Batna mais elles y ont renoncé après coup !» La terreur s'est installée après ce crime qui a ciblé des patriotes connus dans la région. Certains habitants de la vallée de Merouana, des éleveurs de bétail, font de la transhumance, passant l'été avec leur troupeau sur les hauteurs. Hier, nous a révélé un employé de l'APC de Merouana, certains ont décidé de redescendre avec leurs bêtes.Et de nous confier : «Mon père est l'un d'eux. Il est rentré hier avec son troupeau.» Parmi les citoyens que nous avons interrogés, plusieurs nous ont affirmé que des bergers auraient aperçu des personnes étrangères rôder dans les environs. Ils les auraient vues la semaine qui a précédé l'attentat et en ont dénombré une douzaine. «Où va l'Algérie '» D'autres informations rapportent qu'il s'agirait d'un groupe de six personnes dirigé par Chaïb Toufik alias Abu Zinad, repertorié comme dangereux terroriste, recherché par les Services de sécurité.Deux vieux bergers rencontrés à quelques dizaines de mètres du tristement fameux virage, déclarent n'avoir jamais eu peur autant que durant la nuit de mardi. «Je vous jure que je n'ai pas fermé l''il de la nuit», avoue l'un d'eux. Plus loin encore, dans la commune de Oued El Ma, les habitants sont également desservis par cette route ; beaucoup déclarent éviter désormais de l'emprunter la nuit. «Nous allons changer nos habitudes», affirme un habitant de la commune, rencontré dans le village.L'attentat était également une occasion pour toutes les personnes qu'El Watan a rencontrées hier de mettre à l'index la politique de réconciliation nationale ; elles trouvent aberrant que des terroristes ayant commis des crimes abjects soient pardonnés et «même choyés» ! Au siège de l'APC, nous avons rencontré des militants affiliés à la Fédération nationale des fils de chahid en train de finaliser la rédaction d'un communiqué dans lequel ils dénoncent cet acte dont ils décrivent le déroulement, en accusant «un groupe terroriste inconnu», se demandant : «Où va l'Algérie '»Cet attentat survient après que les habitants de la région aient commencé, tant bien que mal, à apprécier la paix. Une quinzaine d'années pour retrouver un peu de sérénité et voilà que ça repart. Nous avons rencontré une population peu bavarde, mais qui exprime de la crainte et de l'appréhension quant à l'avenir. Les seules raisons en sont, pour la majorité, la politique de réconciliation qui a fait des terroristes amnistiés les chouchous du système et des patriotes de la chair à canon.


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