Monsieur le Président, A quelques jours du référendum sur la réconciliation nationale, j?ai été particulièrement attentive à votre campagne de sensibilisation. Tantôt à Oran, tantôt à Blida, à Tizi Ouzou ou encore à Batna, vous avez sillonné l?Algérie de long en large, l?avez parcourue de fond en comble. Vous avez prêché la bonne parole et imploré le peuple algérien de faire preuve d?une bonté divine en l?appelant à pardonner. J?ai toujours admiré votre force, votre éloquence et votre charisme, mais aujourd?hui, sont-ils mis à bon profit ? Fervente partisane de vos idées et de vos méthodes, j?ai été choquée à l?annonce de ce référendum et prise d?un sérieux doute quant à la sincérité de ce dernier. Pardonner... oui, mais à qui ? J?aurais aimé qu?on désigne les coupables avant de nous demander de pardonner. J?aurais aimé qu?il y ait débat autour de ce référendum, et non une propagande étatique qui mobilise et les moyens de communication et les sources financières. J?aurais aimé que ce combat soit égal... Cependant, c?est le spectre de l?Argentine qui m?est apparu. Là bas, les généraux ont mis à feu et à sang leur pays, ils ont instauré la terreur, pratiquant des exécutions sommaires, faisant disparaître les intellectuels, les opposants et des milliers d?innocents. Pendant 10 ans, ils ont opéré en totale violation avec les droits de l?homme et du citoyen et commis les plus grands crimes. Cependant aujourd?hui, ils n?ont aucune inquiétude à se faire car ils ont profité d?un pseudo-retour à la démocratie pour faire passer une loi qui les graciait. Le président Menem est allé jusqu?à imposer son veto aux éventuelles demandes d?abrogation de cette loi. Néanmoins, « las locas de la playa de Mayo » (les folles de la place de Mai) continuent à manifester tous les mercredis à Buenos Aires. Ces mères, ces épouses, ces s?urs continuent à crier justice. Mais l?histoire vous la connaissez bien mieux que moi, Monsieur le Président, on dit qu?elle se répète. Alors quel feu vous anime ? Quelle force vous guide ? Je ne pense pas que vous dépensiez tant d?argent et d?énergie pour pardonner à quelques barbus cachés dans la montagne. De plus, est-ce vraiment la seule alternative ? La République n?a-t-elle pas les moyens de se défendre ? N?y a-t-il pas d?institutions de lois et d?hommes qui, à défaut de protéger nos citoyens, leur rendent justice ? L?Algérie, elle aussi, a ses « locas » qui continueront à manifester, car bien que bonnes, elles laissent la miséricorde à Dieu. Rima Lourdjane Etudiante
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Posté par : sofiane
Source : www.elwatan.com