Des conditions de vie déplorables
Les modestes habitants du bidonville du 5e kilomètre (route de Batna), plus connu sous l?appellation de bidonville Onama ne savent plus où donner de la tête, devant la dégradation de leurs conditions de vie dans une cité de « luxe » où les exigences les plus élémentaires manquent à des gens qui n?ont demandé qu?à avoir un petit toit et quatre murs. La cité en question compte près de 300 familles réparties sur 5 îlots composés de petites chaumières dignes du temps du colonialisme, puisque fabriquées avec seulement des briques, dont les aires sont délimitées par de quelconques objets. Le gaz et l?eau et à un degré moindre l?électricité manquent, même si la majorité possède un compteur d?électricité installé depuis 2000. Ces pauvres gens se procurent l?eau auprès de certains marchands équipés de camions-citernes. La qualité désastreuse de cette eau a été de tout temps le sujet des débats au sein de ce quartier, mais les habitants n?ont pas le choix. « Boire ou pas boire ? » n?est guère une question. Ces citoyens sont obligés de payer 80 DA les 200 l qui suffisent à peine quelques jours alors que la bouteille de gaz est cédée à 250 DA. Les désagréments occasionnés par tant de tracas sont plus irritants que tout autre chose (argent). Pis, les innombrables foyers qui forment ladite cité ne disposent d?aucun réseau d?évacuation d?eaux usées et le seul existant a été bricolé, pour ne pas dire mis en place par les habitants eux-mêmes, avec un résultat loin d?être proche des normes sanitaires. L?eau usée se déverse un peu partout créant par-là même un spectacle dégoûtant, sans compter les odeurs nauséabondes qui polluent chaque jour l?air devenu irrespirable. La période hivernale est devenue la hantise des habitants, puisque la toiture des maisons résiste à peine à la pluie. D?ailleurs, l?oued Boulebraghet qui jouxte ce quartier est un risque potentiel pour une partie de la cité. La présence de rats et autres tels les serpents fait craindre le pire aux riverains, surtout après qu?une dame (Z. Z.) a été mordue à son avant-bras par un rat alors qu?elle dormait chez elle. Une attestation médicale délivrée le 21 mai 2005 fait état d?« une morsure par un rat à l?avant-bras droit nécessitant sa mise en vaccinothérapie ». Un événement qui a provoqué la panique chez les habitants de ce bidonville qui craignent le pire, surtout pour leurs enfants face à la prolifération des rongeurs. Les enfants tombent souvent malades (intoxications et infections respiratoires de toutes sortes) à cause des conditions hygiéniques déplorables dans lesquelles ils vivent. Le comité de quartier, créé en 1998 pour défendre les intérêts des habitants devenus de véritables sinistrés, est présidé par Delimi Hafid, qui nous dira : « Nous ne supportons plus de vivre dans des conditions aussi catastrophiques. La situation est pénible autant en hiver qu?en été. Chaque saison a son lot de soucis. Nous avons adressé des correspondances à toutes les parties intéressées, en vain. Nous avons parfois vent de rumeurs qui font état de notre prochain déménagement vers des quartiers habitables, mais rien de cela n?est arrivé. Nous commençons à perdre patience. Chaque jour passé dans cet endroit est un risque pour notre vie et celle de nos enfants. » Il est clair que la dégradation des conditions de vie en ces lieux peu recommandables peut avoir des conséquences graves sur la santé de la frange la plus sensible de la population, c?est-à-dire les enfants. Des mesures urgentes devraient être prises. A noter aussi qu?une autre « résidente » de ce quartier a fait au courant de la semaine dernière une intoxication, sûrement due à la qualité douteuse de l?eau acheminée à la cité grâce à des camions-citernes.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Benzaoui Lamine
Source : www.elwatan.com