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Comme dans toutes les villes d'Algérie, la culture, dans la campagne des élections législatives dans la wilaya de Batna, demeure dans sa globalité absente des débats. En effet, la culture n'apparaît ni dans les discours, ni dans les meetings, ni dans le travail de proximité, ni même sur les réseaux sociaux. «Est-ce un oubli ' N'est-elle pas dans les priorités de leurs programmes ou n'est-elle pas un thème rentable électoralement '», sont les questions qu'on se pose. Un silence assourdissant et un oubli qui en dit long sur la place qu'on accorde à la culture dans la wilaya de Batna, c'est le phénomène que nous avons relevé ou observé pendant nos multiples sorties sur le terrain et dont nous avons essayé de percer le secret.La campagne des élections législatives dans la wilaya de Batna, mise en veilleuse, peine à démarrer et à séduire les futurs électeurs. Un froid est ressenti entre les candidats et les citoyens électeurs? Les vifs échanges d'autrefois ont déserté les rues et les quartiers des villes et villages. Quelques militants et sympathisants battent le pavé dans leurs va-et-vient incessants entre leurs quartiers généraux et les cafés, pour mettre de l'ambiance, se faire remarquer par les têtes de listes et bénéficier plus tard de leur bénédiction. Mis à part ces guirlandes, logos, portraits, affiches mastodontes, guirlandes, qui couvrent les devantures avec le portrait géant du candidat de la tête de liste, déployées fièrement pour exhiber la richesse et les ambitions des candidats, l'ambiance est terne? Pour le moment, la campagne est remplie de chausse-trappes, d'évocations de complots, de tirades grandiloquentes et de chamboule-tout narratifs.Abandon?Les candidats en lice pour les élections législatives, moins persuasifs et moins armés d'arguments convaincants, se perdent dans les thèmes de l'emploi, de la sécurité et du social, les problèmes économiques et sociaux, les logements sociaux, les projets gelés, lesquels sont le plus souvent discutés ou débattus, presque les mêmes sujets rabâchés de manière répétitive, ne soufflant mot sur la culture, comme si leurs programmes ne renferment pas de la culture ou que pour le moment, elle n'est pas dans leurs priorités.L'absence de la culture dans la campagne électorale témoigne d'un véritable abandon. La plupart des têtes de listes indépendantes engagées ou des partis politiques consultés ne se sont pas gênés du tout pour nous répondre que leurs axes sont l'économie et le social, et que la culture n'est pas leur cheval de bataille. Rares sont les candidats qui, face à notre insistance, ont accepté de répondre à notre question et évoqué une ou deux propositions seulement sur la culture. La majorité des candidats invités à nous parler du programme de leurs partis ont préféré botter en touche, nous donner des rendez-vous qu'ils n'ont jamais respectés et invités à lire le programme de leur parti (s'ils en ont). Parfois, nous avions l'impression que ces candidats n'avaient pas une vision forte et claire de la culture et de son rôle ou que la culture, pour eux, n'est pas un thème rentable électoralement. Certains candidats sont restés sans voix lorsque nous leur avons demandé leur programme culturel, à l'exception de quelques candidats qui avaient répondu à nos questions, à l'image du candidat de l'Union des Partis Nahda, Adala et El-Bina, Brahim Achouri, qui s'est dit convaincu que la culture pouvait résoudre beaucoup de choses, qu'elle est la base de la réussite sociale et qu'elle est l'un des axes de sa campagne électorale.Les artistes absentsOn retrouve presque le même son de cloche chez le candidat du parti de l'Union des Forces Démocratiques et Sociales (l'UDFS), Sekiou Mounir, (avocat de profession) : «Notre parti accorde une grande importance à la culture. D'ailleurs, dans notre campagne électorale de proximité, et de quartier en quartier, nous avons plusieurs fois discuté de la culture, parce que nous sommes convaincus qu'elle est le garant d'une société démocrate et évoluée?», nous confie la première tête de liste de ce parti. Egalement Merrad Grabba, le premier candidat du Mouvement de la société pour la paix (MSP) a discuté avec quelques artistes sur la place publique de la république, en face du théâtre de Batna, en plein centre-ville, lors de son passage, et a expliqué de vive voix que l'union qu'il présente accorde de l'importance à ce volet. Face à ce peu d'intérêt, les observations sont déprimantes. La culture, dans la wilaya de Batna, n'est pas pour demain, car elle n'est pas seulement oubliée, elle est volontairement déconsidérée et pas du tout réfléchie.La plupart des candidats ne parlent pas du tout de la culture et ne lui donnent pas toute la place qu'elle mérite. Elle est défavorisée par rapport aux autres questions de l'heure. Ils accordent beaucoup plus de temps aux questions politiques et sociétales. Même les hommes de culture de la wilaya de Batna les plus connus et réputés sur la scène ne sont pas alignés ou sollicités pour porter soutien aux candidats.Durant les manifestations électorales que nous avons couvertes, nous n'avons vu malheureusement aucun artiste. Complètement marginalisés ou ignorés. L'absence de la culture dans la campagne électorale témoigne d'un véritable abandon politique.
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