Batna - Revue de Presse

Analyse du jeudi



Un dispositif sécuritaire prometteur Il se constate progressivement que le nouveau dispositif adopté dans la lutte antiterroriste, à la suite des attentats kamikazes de décembre dernier, est en train de réussir le pari d’empêcher les groupes de l’ex-GSPC de la moindre initiative d’envergure. Après les premiers attentats suicides du mois d’avril de l’année dernière, l’organisation criminelle a tenté de maintenir un rythme d’une ou même plusieurs actions de même nature ou sous forme de véhicules piégés tous les deux ou trois mois. Juillet à Lakhdaria, septembre à Batna, Dellys et de nouveau Lakhdaria, décembre à Alger. Ce dernier double attentat dans la capitale a été suivi, le mois de janvier, par deux autres à Naciria et Thenia dans la wilaya de Boumerdès, laissant pressentir que le rythme allait s’accélérer et l’intervalle entre deux attentats se réduire. Ce ne fut pas le cas. Ce qui signifie que la stratégie adoptée dans la lutte antiterroriste a été payante, confirmée avec le repérage et la neutralisation du kamikaze qui a voulu opérer à Oran la fin mars dernier. Mais, en même temps, la tentative ruinée de ce dernier a montré que l’organisation terroriste n’a pas baissé les bras comme cela s’est vérifié avec la découverte, la fin du mois dernier dans la wilaya de Tizi-Ouzou, d’un véhicule contenant près d’une tonne d’explosifs avec un dispositif d’allumage prêt à l’emploi. Sans compter certaines cellules démantelées en phase de constitution. Parallèlement à ce dispositif de vigilance et de prévention contre ce type d’attentats et qui semble réussir jusqu’à présent, la stratégie en cours a révélé qu’elle s’appuie également sur des opérations de ratissage de très grande ampleur qui sont systématiquement enclenchées à la moindre alerte et au moindre acte terroriste en n’importe quel point du territoire national. L’action est lourde, très pénible et fastidieuse. Souvent n’aboutissant à aucun résultat, si ce n’est la destruction de quelques casemates désertées, ou l’élimination de terroristes isolés jouant aux téméraires. Mais, en même temps, elle est hautement rentable en matière de dissuasion. Leur forte présence et l’occupation de l’espace par les forces de sécurité empêchent les groupes terroristes de se manifester. Ils sont contraints à l’immobilisme, sachant que leur moindre initiative les expose automatiquement à leur propre perte du fait qu’elle enclenche à coup sûr un ratissage ravageur pour les forces qui leur restent. Ainsi, la nouvelle stratégie antiterroriste semble s’imposer sur un plan militaire comme hautement efficace. Elle l’est, d’autant plus qu’elle est doublée d’une action policière contre les réseaux dormants et de soutien qui tombent régulièrement, aboutissant à une collecte de renseignements à même, souvent, de repérer et neutraliser de gros poissons. Mais, le centre névralgique de l’organisation terroriste est loin d’être atteint. L’expérience a montré que pour le GIA, mis à part son deuxième «émir», Benaïssa Benamar, qui a été abattu à Megtaâ Lazreg dans la wilaya de Blida en 1993, aucun autre des «émirs nationaux» n’a été éliminé au sein même d’un maquis. Ceux qui n’ont pas été assassinés par les leurs (Zitouni et Oukali) ont été neutralisés lors de leurs déplacements en dehors des zones forestières. Layada, en 1993, à Oujda (Maroc), Djaâfar El-Afghani à Bouzaréah (1994), Cherif Gousmi près de Douira (1994), Zouabri à Boufarik (2002), Boudhiafi à Bab Ezzouar (2005). Par contre, le GSPC a perdu son premier «émir», Abdelmadjid Dichou, dans un maquis de Taghda (Batna) en 1999. Si Hassen Hattab a eu la sagesse de déposer les armes, son successeur Nabil Sahraoui sera abattu dans une forêt dans la région d’El-Kseur (Bejaia) en 2004. Cela laisse penser que les «émirs» de l’ex-GSPC ont tiré des leçons du sort qu’ont connu les «émirs» du GIA. Ils font tout pour éviter de s’aventurer en dehors des maquis qui subissent des ratissages impressionnants, ne cessant de les labourer en long et en large. L’»émir» actuel sait que son sort est scellé. Mais il tentera tout pour durer le plus longtemps possible. Surtout qu’étant celui par qui Al-Qaïda s’est implantée dans le pays, il sait qu’elle a peu de chance de lui survivre. C’est en cela qu’il pourrait être plus dangereux que jamais. Mohamed Issami
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