Annaba - A la une

TRIPARTITE Les retraités, ces laissés-pour-compte



A l'approche de la tripartite, réunissant le gouvernement, le syndicat UGTA et les patrons des entreprises publiques et privées, prévue pour le 29 du mois en cours, les retraités dont le dossier sera examiné lors de cette rencontre, commencent à espérer des jours meilleurs. Cela même si certains affichent toujours leur scepticisme quant à une véritable amélioration de leur situation de laissés-pour-compte.
A Annaba, la majorité des retraités que nous avons rencontrés insistent sur ce qualificatif, estimant que les salaires de ceux qui sont encore actifs ont été substantiellement augmentés, des augmentations allant jusqu'à 100% avec effet rétroactif sur plusieurs années se chiffrant à des dizaines de millions de centimes. Cette frange de la société souffre en silence au crépuscule de sa vie. Et pour cause, non seulement elle est âgée et souvent atteinte par de nombreuses pathologies (asthme, hypertension artérielle, diabète, arthrose…), mais elle n'a plus de moyens de pression sur les pouvoirs publics (grèves) pour appuyer ses revendications légitimes. Ami Ahmed, enseignant parti à la retraite en 2006, après 37 ans de bons et loyaux services, est l'exemple type de ces laissés-pour-compte. Il s'explique : «parti à la retraite en septembre 2006, la pension qui m'a été attribuée dépassait à peine les 18 000 DA. Avec les revalorisations annuelles, celle-ci atteint aujourd'hui 22 000 DA et des poussières. La pension d'un collègue retraité en 2011, représente presque le double de la mienne. «Je ne suis pas contre le fait qu'il soit mieux rétribué que moi», tient à souligner celui qui a formé des générations d'élèves devenus aujourd'hui, pour la plupart, des cadres dont des médecins, professeurs et ingénieurs. «Au contraire, je sais que la valeur de sa pension reste toujours faible pour une vie décente devant la spirale des augmentations des produits de large consommation.» Maudissant l'inflation galopante qui grignote chaque mois un peu plus sa pension, ammi Ahmed, dont la tristesse et le dépit sont visibles dans ses yeux et à travers les mots chargés d'émotion qui sortent de sa bouche, affirme qu'il n'arrive à boucler les fins de mois que grâce à l'aide de l'un de ses enfants qui n'est pas dans le besoin. «Il me paye les factures d'électricité, d'eau et quelques autres dépenses que je ne peux supporter seul.» A la faveur de la tenue de la tripartite, Ami Ahmed et ses infortunés semblables gardent l'espoir dans les membres de celle-ci de corriger une hogra afin d'améliorer quelque peu leurs pensions qui, faute de leur rendre totalement justice, leur permettra de se mettre à l'abri des vicissitudes pour les dernières années qui leur restent à vivre.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)