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Salut l'artiste!



Salut l'artiste!
«Je n'ai pas rejoint le maquis à quinze ans pour accepter le laxisme dans la gestion de mon pays.» Amar LaskriTous les Algériens, de Dunkerque à Tamanrasset n'ont pas oublié et se la répètent à l'envi, sur le ton du sarcasme ou de l'admiration, cette exclamation jaillie de la poitrine d'un patriote: «Aâlikoum le blindé!» C'est cette phrase qui sera le signe particulier de ce film qui marquera longtemps le cinéma algérien et en constituera un repère: Patrouille à l'Est est le premier film de ce cinéaste lumineux que fut Amar Laskri. Il fut une figure incontournable de la grande famille cinématographique qui hanta le 13 de la rue Edgar-Quinet et qui vécut tous les moments du cinéma algérien, des plus dramatiques aux plus enthousiasmants. On savait que Amar était malade depuis longtemps et qu'il traversa des moments difficiles dus à ses problèmes de santé qu'il ne surmonta que grâce à la solidarité qui s'était constituée autour de lui, solidarité dont il a longtemps fait preuve lui-même vis-à-vis de ses camarades de travail. Que retenir de ce collègue qui traversa brillamment le 7ème art.Né en 1942 à Aïn-Berda (Annaba), il suivit après l'indépendance des études de réalisation en Yougoslavie. Il participa au film collectif, L'Enfer a dix ans mais il fut avant tout le réalisateur de Patrouille à l'Est, film en noir et blanc sorti en 1971 où on découvrit le talent de grand comédien que fut Cheikh Nourredine. Il réalisa ensuite le dernier film d'un autre grand comédien du théâtre, du cinéma et de la télévision, que fut Hassan El Hassani plus connu sous le nom de «Boubegra». C'est avant la fin du tournage du film qu'il rendit l'âme et Amar Laskri l'accompagna avec panache durant ses derniers moments. Il réalisa ensuite El-Moufid: deux jeunes reporters-cinéastes, Madani et Rachida, se rendent dans un village algérien pour tourner un film documentaire. El Menfi, ancien combattant, les introduit auprès des principaux responsables et institutions politiques et sociales du village. Ils sont confrontés aux problèmes et conflits suscités par les changements socio-économiques au sein de cette communauté, fondée et liée par des valeurs ancestrales C'est à la fin de l'existence de l'Enaproc, (avatar de l'Oncic) dont il fut l'éphémère directeur, qu'il réalisa son dernier film anticolonial Fleur de Lotus, coproduction algéro-vietnamienne. C'est un film de fiction historique: dans l'Algérie coloniale, un indigène s'engage dans l'armée française après que des colons aient assassiné les siens le jour de son mariage. Il est muté par la suite en Indochine. Ce n'est pas pour autant que l'intrépide cinéaste songea à prendre une retraite bien méritée: il fonda avec quelques collègues, Rabah Laradji, Nourredine Touazi, Ben Allal et d'autres techniciens et réalisateurs, l'association Lumières, pour défendre un cinéma algérien moribond.Il s'est toujours illustré durant les débats par des prises de position tranchées et nationalistes. Il fut remarquable dans son intervention pour la sauvegarde de bobines de films découverts dans un mur d'une maison coloniale à Annaba. Tous ses collègues ne tarissent pas d'éloges en évoquant le sourire indélébile qui atténuait un peu le caractère massif de sa silhouette. Il a été honoré de son vivant à maintes reprises par diverses associations qui ont distingué en lui un artiste de qualité et un incontestable patriote. Il laissera un vide difficile à combler dans une famille cinématographique en deuil.


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