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La dernière brasserie en voie de privatisation Entreprise de production de boissons de Annaba



La dernière brasserie en voie de privatisation Entreprise de production de boissons de Annaba
Les 80 travailleurs que compte actuellement l'entreprise, en cessation d'activité depuis prés de 6 mois, ne cessent de s'interroger sur leur avenir, sachant que cette situation est essentiellement due au manque de moyens financiers.L'entreprise de production de boissons de Annaba (EPBA), dernière brasserie publique est en voie d'être privatisée. La partie du capital de l'ex «Brasserie de Annaba» à ouvrir se situe à 66 % pour les nationaux contre une limite fixée à 49 % pour les étrangers, tel que l'édicte la règle 49/51 relative à l'investissement impliquant des étrangers, a indiqué une source proche du dossier. Plusieurs candidats sont déjà en lice dont le Néerlandais Heineken, le Groupe Batimetal, deux industriels intervenant dans le secteur agroalimentaire (lait et pâtes) ainsi que le repreneur de la brasserie publique d'Oran (BAO). La motivation derrière cette décision prise au début de l'année en cours par la holding Société publique de gestion des participations, conserves, jus et boissons alcoolisées (SGP Cojub), serait le maintien en «activité» de l'usine ainsi que la préservation des plus de «160» postes d'emplois existants, précise notre source. Quelle est cette activité que l'on prétend vouloir maintenir' Car l'usine qui produisait près de 8 millions de bouteilles de bière/an, 200 hl /j, pour un chiffre d'affaires de pas moins de 10 millions de DA/j, est en cessation d'activité depuis prés de 6 mois, la bière abandonnée voilà près de 4 ans. Dans l'expectative, les 80 travailleurs que compte actuellement l'entreprise, soit la moitié de ce que chercherait à protéger le propriétaire (SGP Cojub) et 1/5 de ce qu'ils étaient fin 1990, ne cessent de s'interroger sur leur avenir. «À ce jour, nous ignorons comment vont évoluer les choses.
Du côté de GBA- Groupe Boissons d'Algérie- notre tutelle, c'est le silence radio. Pour l'instant, tout ce que nous savons, c'est que notre entreprise qui se débat seule dans d'insurmontables difficultés financières, devrait rejoindre les trois autres unités d'Alger et Oran, déjà privatisées», insiste Souad Arari, membre du syndicat de l'entreprise, qui ajoute: «Si notre entreprise s'est effondrée, c'est aussi en raison de la concurrence féroce qui règne sur le marché depuis l'arrivée des deux géants européens de la bière. Les travailleurs et l'équipe dirigeante ont tout fait pour pouvoir y faire face et sauver ce qui reste de notre entreprise. Nous sommes une entreprise publique, nos installations, en fin de vie, ont cédé face aux équipements ultrasophistiqués et les capacités dont sont dotées leurs usines.» Aussi, tiennent à souligner, non sans une pointe d'amertume, nombre de travailleurs rencontrés sur les lieux: «Contrairement à nos désormais ex-concurrents, nous n'avons ni les moyens ni la latitude d'offrir des cadeaux de valeur 'des plasmas, réfrigérateurs, des camions ou voitures.» Moins loquace, le directeur général, Riadh Habes, s'est, pour sa part, contenté de dire : «La situation actuelle, très peu enviable, est essentiellement due aux manques de moyens financiers. En 2010, nous avions dû renoncer à la fabrication de la bière, notre produit phare, du fait de ces lourdes contraintes financières.
Nous n'avions même pas de quoi remplacer par un nouvel équipement, le compresseur froid, maillon fort de la chaîne de fabrication, qui était en panne et irréparable.» Et le responsable de renchérir : «La concurrence, très rude, dont se caractérise le marché de la bière a fait le reste. Les deux mastodontes étrangers de la bière, qui figurent dans le top 10 mondial, ont réussi à s'emparer de la quasi-totalité du marché.» C'est dire que même les prix étudiés (15 à 20 % moins chers que le privé) et la qualité affinée de sa célèbre bière, la «Bônoise», dont sont fans les amateurs d'alcools légers, et qui s'était même attirée une reconnaissance internationale, et les grands efforts de management consentis, n'ont pas pu plaider en sa faveur. Feue «Brasserie d'Annaba» a fini par lâcher face au rouleau compresseur Castel-Heineken. Laminée, elle a été purement et simplement chassée d'un marché où, il n'y a pas si longtemps, ses produits occupaient une place de choix. Les deux colosses internationaux semblent avoir si bien «brassé» qu'ont été emportées, sur leur passage, les 4 brasseries publiques du pays. Et, avec l'imminente cession de l'usine de Annaba, c'est la boucle qui sera enfin bouclée, ses semblables d'Oran, de Reghaïa (Alger) et d'El Harrach (Alger) étant déjà passées entre les mains des privés qui se livrent une guerre sans merci au vu les gros intérêts en jeu.
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