
C'est un débat houleux auquel ont eu droit ceux qui ont assisté, jeudi dernier, à Annaba à une conférence économique portant sur « Le partenariat public-privé (PPP)».Présenté à l'Ecole préparatoire des sciences économiques, commerciales et sciences de gestion d'Annaba (EPSECSG) par Bachir Mazouz, Ph.D et Professeur agrégé à l'Université du Québec (Canada), cet important thème a drainé une panoplie de cadres universitaires, dont l'ancien ministre de l'Economie, le Pr Abdelatif Benachenhou.D'emblée, le Pr Mazouz a expliqué que le PPP, dont les enjeux sont la recherche d'expertise et l'injection de capitaux privés, est «une forme d'association durable entre deux entités juridiquement distinctes dont les finalités, prises individuellement, ne pourraient être atteintes avec efficacité, efficience et équité». Il a également détaillé les raisons de son existence, telles que la fragilité persistante des finances publiques, la frustration grandissante de l'opinion publique à l'endroit des gestionnaires et de la qualité des services publics et la percée des valeurs et de la rhétorique libérale. Usant d'un schéma explicatif, le conférencier a situé les projets menés en mode PPP par rapport au discours sur la gouvernance publique.Pour lui : «les projets en mode PPP sont complexes à opérer, car ils dépendent des soubassements idéologiques importants, d'une base juridico-administrative complexe, d'une multitude de formes et de pratiques financières déployées à l'échelle internationale, des conséquences sur la culture et l'organisation du travail et des enjeux stratégiques, des défis et des risques de gestion». Avant de s'attarder sur les quatre différentes formes du PPP, dont celui de Circonstance, Elémentaire, Complémentaire et Prospectif, le Pr Mazouz a animé les débats dont le modérateur est le Pr Mahfoud Benosmane, directeur de l'EPSECSG.On retient, entre autres, l'intervention capitale du Pr Abdelatif Benachenhou qui a affiché son désaccord quant à plusieurs points ayant marqué l'intervention du conférencier. Pour l'ancien ministre : «le PPP est une pratique classique en Algérie. Le secteur pétrolier en est un. L'Algérie a déjà une expérience, malheureuse dans certains cas, notamment le projet du dessalement d'eau où le pays paye actuellement pour de l'eau que nous ne n'utilisons pas.Ce sont les risques de gestion. Pour moi le PPP est conçu essentiellement non pas pour la sphère économique, mais pour la sphère unique. Le PPP tel qu'il est pratiqué c'est de construire, à titre d'exemple, un hôpital ou un stade pour le louer à la wilaya d'Annaba. Sommes-nous prêts à le faire'». Abordant la gouvernance économique, décriée auparavant par le conférencier, l'auteur du livre «Sortir de la crise» qui a offert 40 ouvrages à la bibliothèque de l'EPSECSG, a rappelé à l'assistance qu'il était, alors ministre de l'Economie, à l'origine de la création du fond de régulation des recettes. «Si je n'avais pas créé le fond de régulation des recettes, l'Algérie serait en récession depuis quatre ans déjà. Cela s'appelle de la gouvernance économique», s'est-il félicité.Evoquant le relais financier international, ce dernier a conseillé l'Etat algérien, qui est à la recherche d'autres ressources, de se faire payer son service sécuritaire. « Ramtane Lamamra, ministre des AE a toujours répété que l'Algérie est un pays exportateur de sécurité. Elle assure la sécurité des pays africains, du bassin méditerranéen de l'Europe. Ce service doit être payé ». Répliquant, le Pr Mazouz a souligné que : « Je n'ai jamais utilisé un mot politique dans ma définition du PPP. Je suis économiste».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Gaidi Mohamed Faouzi
Source : www.elwatan.com