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C'est ma vie



C'est ma vie
Par Belaà'd Mokhtar, un lecteurMadjid est né au début des années 1950. Il a eu le coup de foudre pour le culturisme dès son très jeune âge ; de ce fait, il ne ratait aucun péplum de l'époque.Avoir de beaux muscles, c'était sa passion. Il y met tout son cœur et s'inscrira dans deux salles de sport différentes, la première de culturisme afin de se forger un corps semblable à celui de ses héros, la seconde de lutte gréco-romaine afin d'y associer la souplesse qui va avec.Soudeur professionnel, il lui arrivait souvent de sortir éreinté du travail, mais malgré la fatigue pas question de rater un entraînement. Soulever de la fonte n'était pas pour lui une corvée, mais un réel plaisir. Qu'il travaille à Annaba, Béjaà'a où n'importe quelle autre ville du pays, la première chose qu'il accomplit en arrivant sur son nouveau lieu de travail c'est de s'inscrire au plus vite dans une salle de musculation.A l'époque, les équipements des salles de musculation étaient vétustes, ils se composaient de quelques barres, disques en fonte, des haltères et des machines qui ressemblaient plus à des instruments de torture qu'à autre chose. Il fallait beaucoup de volonté, des blessures et de la sueur avant de constater quelques petites transformations physiques, et ce, après plusieurs années d'efforts.Tenace et endurant, Madjid tient bon. Guidé par des coachs expérimentés et de bons conseils, le résultat sera au rendez-vous. La métamorphose qu'il attendait depuis longtemps arrivait doucement mais sûrement.Il commence à être connu dans le milieu des culturistes, il aura aussi un surnom qui ne lui déplaisait absolument pas, Madjid l'homme aux gros bras. Bien que tout son corps soit symétriquement proportionné ce sont ses bras que l'on remarque au premier abord. Sur la plage, il ne passe pas inaperçu.Des regards admiratifs le suivent où qu'il soit et sa force herculéenne l'aide aussi dans son second sport, la lutte gréco-romaine. Ses adversaires réfléchissent à deux fois avant de le défier. Féru de motos grosses cylindrées, il aime bien épater ses admirateurs lorsqu'il roule à travers les belles avenues de la ville. Ceux qui déambulent sur les trottoirs l'envient ou plutôt le jalousent. Quant à la gent féminine, il incarne pour elles le prince de ses rêves.Quand il entend autour de lui certaines mauvaises langues prétendre que la musculation est un sport pratiqué par des brutes qui n'ont rien dans la tête, que c'est uniquement de la gonflette et dès qu'ils ne la pratiquent plus leurs muscles deviennent flasques, il leur explique sans se fâcher qu'elle est la base de toutes les disciplines sportives et que tous les grands clubs de foot, volley, basket, natation, judo, karaté et autres passent inévitablement par une salle de musculation.«Aujourd'hui, ce qui me chagrine ce sont tous ces jeunes avides de résultats rapides qui ont comme idoles Arnold Schwarzenegger, Lee Haney, Ronnie Colman, Phil Heath, etc.Du temps où le sport se pratiquait d'une manière saine, les sportifs s'armaient de patience et attendaient de longues années avant de voir leur tour de bras, de cuisses ou de mollets grossir de quelques centimètres. Aujourd'hui certains jeunes zélés arrivent au même résultat en moins de six mois grâce à certaines infiltrations musculaires et quelques cocktails explosifs à base de liquides prohibés et très dangereux. Inconscients, impatients et à la recherche de résultats rapides, ils achètent n'importe quoi, chez n'importe qui, n'importe où.Anabolisants, hormones de croissance, acides aminés, protéines, cachetons qui décuplent la force physique et d'autres substances du même genre sans se préoccuper de leur santé. J'ai encore présent à l'esprit le souvenir d'un jeune homme sympathique et sociable, aimé de tous, qui, un jour, a pété les plombs et agressé des membres de sa famille ainsi qu'un de ses amis sans aucune raison suite à une prise trop importante de produits dopants.»Heureusement, pense Madjid, que pour l'instant nos cliniques de chirurgie ne proposent pas, comme cela se fait en Europe, des implants en silicone, il y aurait eu sûrement pas mal d'adeptes qui auraient accepté de se faire charcuter afin d'avoir de faux muscles.«Pourtant, chez nous, nos salles de musculation ultra-modernes n'ont rien à envier à celles qui se trouvent de l'autre côté de la Méditerranée. Les machines sont sophistiquées, les sols recouverts de moquette, la climatisation est très bien réglée, la musique accompagne chaque exercice, les entraîneurs sont formés dans de grandes écoles dédiées au sport, des diététiciens expérimentés suivent et conseillent les athlètes en ce qui concerne leur alimentation, enfin tout ce qu'il faut pour un entraînement sain et sans risque.»Aujourd'hui, la soixantaine bien entamée, père de famille, Madjid est toujours aussi athlétique, il n'a aucun problème de santé et ses muscles n'ont jamais fait «pschitt» comme le prédisaient les mauvaises langues. Mais il a dû mettre fin à sa passion. La raison de sa forme actuelle est toute simple : «je n'ai jamais été tenté par les produits dopants et les autres substances néfastes pour la santé.»Quand il a un peu de temps, il s'entraîne encore chez son maître et ami Samir Stella où un beau poster de lui est accroché sur les murs de la salle.
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