
Depuis le début de l’année 2026, de nombreux Algériens souhaitant se rendre en Turquie font face à une difficulté croissante pour obtenir un rendez-vous de visa. En cause : la mise en place d’un nouveau système centralisé, confié à la plateforme Mosaic Visa, censée moderniser la procédure mais rapidement confrontée à une demande massive.
Cette situation alimente inquiétudes, retards et incompréhensions, dans un contexte où la Turquie reste l’une des destinations les plus sollicitées par les voyageurs algériens, que ce soit pour le tourisme, les soins médicaux, le commerce ou les études.
La désignation de Mosaic Visa comme intermédiaire unique pour la prise de rendez-vous et le dépôt des dossiers marque une rupture avec l’ancien système. Sur le papier, la centralisation vise à mieux organiser les flux, réduire les pratiques informelles et améliorer la traçabilité administrative.
Dans les faits, les capacités disponibles restent limitées. Les créneaux de rendez-vous sont souvent publiés en nombre restreint et disparaissent très rapidement, laissant de nombreux demandeurs sans solution immédiate, parfois pendant plusieurs semaines.
L’Algérie figure parmi les pays où la pression sur les demandes de visa turc est particulièrement forte. La proximité géographique, les coûts de voyage relativement accessibles et les liens économiques expliquent en grande partie cette attractivité.
À cela s’ajoute une augmentation globale des mobilités internationales depuis la fin des restrictions sanitaires, ce qui met sous tension les capacités des représentations diplomatiques et des centres de dépôt.
La situation actuelle rappelle celle observée sur d’autres plateformes de visas internationales, notamment pour les visas Schengen, où :
les rendez-vous deviennent rares malgré des plateformes modernisées,
les délais s’allongent,
la frustration des demandeurs s’installe durablement.
Ces difficultés montrent que le problème dépasse la simple question de l’outil informatique. Il s’agit avant tout d’un déséquilibre entre le volume de demandes et les capacités de traitement disponibles.
Comme dans d’autres pays, la rareté des rendez-vous favorise l’apparition de pratiques non officielles : intermédiaires se présentant comme « facilitateurs », promesses de rendez-vous rapides moyennant paiement élevé, ou offres non vérifiables circulant sur les réseaux sociaux.
Ces pratiques exposent les demandeurs à des risques financiers importants, sans aucune garantie réelle, et contribuent à creuser les inégalités d’accès à un droit administratif pourtant encadré.
Sans proposer de contournement ni de techniques interdites, plusieurs recommandations peuvent aider à mieux gérer sa démarche :
Anticiper largement le projet de voyage : les délais actuels imposent de prévoir la demande de visa plusieurs mois à l’avance, surtout en période de forte affluence.
Se fier exclusivement aux canaux officiels : la plateforme Mosaic Visa et les communications des représentations diplomatiques sont les seules sources fiables. Toute promesse de rendez-vous « garanti » contre paiement doit être considérée avec prudence.
Préparer le dossier en amont : disposer d’un dossier complet dès l’obtention du rendez-vous permet d’éviter les reports ou refus pour motif administratif.
Suivre régulièrement les annonces officielles : les créneaux sont souvent publiés par vagues. Une consultation régulière des canaux officiels reste la seule méthode légitime.
Éviter les intermédiaires non agréés : aucun prestataire privé ne peut légalement garantir un rendez-vous plus rapide que le circuit officiel.
À court terme, rien n’indique une amélioration rapide. Sans augmentation des capacités de traitement, renforcement des moyens humains et meilleure régulation des systèmes numériques, la pénurie de rendez-vous risque de s’installer durablement.
Pour les voyageurs algériens, la demande de visa pour la Turquie devient ainsi un exercice de patience et d’anticipation, bien loin de l’image de simplicité souvent associée à cette destination.
Posté par : frankfurter
Ecrit par : Rédaction