Algérie - Revue de Presse

Turquie - Irak



Les pressions américaines Quel lien peut-il y avoir entre la Turquie, l?Iran, l?Afghanistan et l?Irak ? A priori, la culture musulmane partagée par les quatre pays à des degrés divers. Mais ils ont tous en commun des rapports avec l?Europe ou les Etats-Unis assez particuliers, au point de déterminer de manière assez spécifique leur appartenance ou non à un espace économique, politique, régional sinon international, comme par exemple l?Union européenne ou l?Organisation mondiale du commerce. La Turquie voit aujourd?hui son adhésion à l?Union européenne conditionnée par la reconnaissance implicite de la partie grecque de Chypre par Ankara. Comble d?ironie, l?accord d?association qu?elle a signé avec l?Europe en 1963 devrait être paraphé par les nouveaux pays membres entrés, le 1er mai dernier, à l?Union, parmi lesquels figure précisément la République de Chypre qui regroupe les trois quarts de l?île, reconnu par la communauté internationale et dirigé par un gouvernement grec. Depuis 41 ans, la Turquie, pourtant fidèle alliée des Etats-Unis - membre de surcroît de l?Otan - a attendu sur le pas de la porte pour entrer dans l?Europe communautaire et se voit obligée aujourd?hui de patienter jusqu?au 3 octobre 2005 pour pouvoir entamer des négociations avec l?U E qui pourraient durer dix à quinze ans. Alors que pour d?autres pays, notamment ceux de l?ex-bloc socialiste comme la Lituanie ou la Pologne par exemple, cela n?a pas demandé plus de deux ou trois années, cinq au maximum. La Bulgarie et la Roumanie devraient, elles, entrer le 1er janvier 2007. Tandis que pour Ankara, on affirme que le processus « peut faire l?objet de longues périodes d?adaptation et de transition, des arrangements spécifiques ou des clauses de sauvegarde permanentes ». Les 25 chefs d?Etat et de gouvernement ont même laissé entendre que l?issue des négociations n?était pas garantie à l?avance. Une ambiguïté entretenue à dessein par les Européens à l?égard d?Ankara tant qu?elle n?aura pas reconnu la République chypriote. Les Turcs n?ont plus qu?à patienter pour pouvoir circuler librement entre les pays de l?Union dont ils feront partie dans dix ou quinze ans. Et dire qu?ils sont enfin européens à part entière, au grand dam des Grecs ou des Chypriotes qui voient aujourd?hui en l?accord conclu le 17 décembre une source d?inquiétude. Par ailleurs, l?Irak et l?Afghanistan ont fait leur entrée sans problème au sein de l?Organisation mondiale du commerce sur recommandation des Etats-Unis, même si le premier cité est aujourd?hui sous occupation américano-britannique. Et surtout qu?il est difficile de parler d?Etat irakien qui pourrait satisfaire à des obligations précises au point d?adhérer à l?organisation qui régit le commerce mondial. A l?opposé, l?Iran s?est vu signifier une fin de non-recevoir à sa demande d?entrée à l?OMC, et ce, sur pression des Américains. Une attitude qui a quelque peu scandalisé l?Union européenne qui a rappelé que l?OMC n?était pas une organisation politique. Mais il ne faut pas être grand clerc pour deviner que si Washington a opposé son veto à l?entrée de l?Iran à l?OMC, c?est parce qu?elle considère que la République des mollahs est encore cet « Etat voyou », en dépit du renoncement de l?Iran à vouloir procéder à l?enrichissement de l?uranium et, par conséquent, à renoncer dans le cercle restreint des puissances nucléaires.


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