Algérie

Solitude du consommateur Edito : les autres articles

Solitude du consommateur Edito : les autres articles
Cette année, pour ne pas faire exception, les Algériens vivent à l'heure du Ramadhan, une semaine avant le début du mois sacré qui est aussi celui de la spéculation et tous les abus en matière commerciale. Les prix des viandes, des fruits et des légumes ou même ceux des produits de large consommation connaissent d'ores et déjà une envolée inquiétante pour les faibles revenus, qui s'attendent à vivre «des journées d'enfer» et à voir leur pouvoir d'achat durement éprouvé.
En face, du côté des autorités, les citoyens ont droit au même discours qui revient à pareille période et qui promet une plus grande rigueur à l'égard de la spéculation et des pratiques commerciales frauduleuses. Les propos se veulent aussi rassurants en direction des consommateurs que nous sommes, promettant disponibilité des produits en abondance, grâce au recours aux importations massives de viandes congelées et de légumes secs. Des engagements auxquels plus personne ne croit, faut-il le rappeler, parce que, chaque année, démentis par la réalité.
Cette fois, la partie de «bras de fer» engagée avec les grossistes en fruits et légumes, les fameux mandataires, autour des marchés de gros est déjà perdue, puisque ceux-ci se plaignent de la concurrence de «grossistes informels» qui opèrent en dehors des marchés ' gérés de manière bureaucratique ' mais surtout en dehors de tout contrôle, échappant ainsi totalement au fisc. Autant dire que, dans de telles conditions, toute tentative de réguler le commerce de gros des fruits et légumes s'avère inefficace.
Tout aussi inefficace est l'appel au boycott de la viande, lancé par des associations de consommateurs pour lutter contre la surenchère qui menace. Les initiateurs, dans le souci de bien faire, ont sans doute oublié que pour la majorité des Algériens, notamment les plus démunis, elle est depuis longtemps absente de leur table parce que trop chère.
Rien ou presque ne semble dissuader ces spéculateurs et autres fraudeurs attirés par le gain facile et les marges bénéficiaires faramineuses. Et encore moins les 300 contrôleurs qui seront déployés, selon le ministre du Commerce, pour contrer toute pratique frauduleuse.
Effet d'annonce donc du gouvernement, incapable de réglementer une activité commerciale comme tant d'autres et d'interdire des pratiques frauduleuses, comme la vente sans facture, ou d'en imposer quelques-unes comme la publicité des prix, etc. Toutefois, pour faire bonne figure, certains de ces représentants ne trouvent rien de mieux que de fustiger les habitudes «irrationnelles» de l'Algérien durant cette période' Preuve, s'il en est, de leur incapacité à trouver de vraies solutions aux lancinants problèmes qui reviennent avec acuité chaque année.
C'est sans doute avec résignation que les consommateurs s'apprêtent à affronter le Ramadhan, et ce n'est pas peu dire en cette période de grosses chaleurs, avec la sensation d'être seuls face au marché et à la spéculation. Faut-il alors s'étonner lorsque des milliers de citoyens, jeunes et moins jeunes, sortent dans la rue pour s'en prendre à tout ce qui peut rappeler «l'existence» d'un Etat absent '
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