Algérie

Saisir les opportunités économiques régionales et internationales Une langue commerciale commune au Maghreb en gestation

Saisir les opportunités économiques régionales et internationales Une langue commerciale commune au Maghreb en gestation
Les responsables des pays maghrébins en charge du commerce extérieur ont l'intention d'accorder leurs violons pour utiliser une langue commerciale commune pour mieux développer les échanges commerciaux et les relations économiques multilatérales.
Les responsables des pays maghrébins en charge du commerce extérieur ont l'intention d'accorder leurs violons pour utiliser une langue commerciale commune pour mieux développer les échanges commerciaux et les relations économiques multilatérales.
Ainsi, récemment lors d'un atelier ministériel sur le commerce régional au Maghreb, le secrétaire général de l'Union du Maghreb arabe (UMA), Habib Benyahia, a souligné les divergences dans les langues parlées par les différentes délégations présentes, alors que le ministre marocain des Transports et de l'Equipement a exhorté les participants à user de la langue du commerce, probablement le français sachant que la plupart des habitants du Maghreb parlent cette langue. Les différentes institutions publiques et privées maghrébines chargées de développer les exportations, telle que l'agence de promotion du commerce extérieur en Algérie, peuvent concocter une langue commerciale avec une terminologie claire et compréhensible commune au niveau de l'UMA, d'autant plus que ces pays envisagent de créer une zone de libre-échange et un marché commun à court terme.
Les négociations de ces responsables ont porté sur la façon dont le commerce rapproche les pays, en créant des régions plus solides et plus dynamiques et en permettant une meilleure intégration dans l'économie mondiale, selon l'Observatoire économique méditerranéen. Cependant, pour que cette langue commune prospère et puisse apporter de nombreux avantages, ajoute cette source, « elle doit s'inscrire dans un environnement porteur, ce qui suppose de faciliter l'accès aux marchés régionaux par un cadre réglementaire commun et un réseau de transports assurant une circulation des biens rapide et efficace ».
L'atelier, organisé par la Banque mondiale avec l'appui du ministère du Transport de l'Equipement marocain et de l'UMA, a passé en revue de nombreux exemples de régions parvenues à un meilleur niveau d'intégration grâce au commerce. Les bénéfices, qui sont manifestes, se traduisent par un accroissement du commerce intérieur et, plus important encore, une participation plus active et plus compétitive dans l'économie mondiale, souligne encore cette source.
La Banque mondiale déplore
l'absence de commerce extérieur
Ce qui est certain, c'est que les dirigeants politiques maghrébins veulent accélérer le processus d'intégration économique, car ils se sont persuadés que l'avenir économique de cette région marqué par une histoire commune réside dans l'union économique en dépit des divergences idéologiques. Ainsi, « en matière d'intégration régionale, ce n'est pas l'envie qui a manqué aux pays du Maghreb » indiquent les participants à cet atelier. Ils précisent que « la région est déjà dotée d'une langue, d'une culture et d'une histoire commune, ce qui limite d'autant le nombre d'obstacles à lever. Le secrétaire général de l'UMA est revenu à plusieurs reprises sur la situation de l'UMA, dont la création a été scellée en 1989, mais dont la concrétisation, 23 ans plus tard, se fait toujours attendre. Un nouveau rapport de la Banque mondiale, présenté lors de l'atelier, signale également qu'en dépit des nombreuses affinités entre les Etats, l'absence de commerce intérieur est flagrante. Certes, un certain nombre de facteurs sont habituellement mis en avant pour expliquer le faible niveau des échanges à l'intérieur du Maghreb, comme l'absence d'une véritable dynamique de l'offre et de la demande, la prépondérance du secteur pétrolier dans les économies de l'Algérie et de la Libye, ou encore le fait que les entreprises marocaines et tunisiennes privilégient les relations avec les partenaires européens, au détriment d'opportunités régionales » poursuit cette source.
En tout cas le Maroc et la Tunisie sont disposés à développer le commerce extérieur et à fructifier leurs relations commerciales avec l'Algérie en revendiquant la levée des barrières douanières et l'ouverture des frontières. Les dirigeants de ces pays ont multiplié les démarches et les initiatives pour faciliter les échanges commerciaux au Maghreb. Toutefois, «plusieurs participants à l'atelier ont fait valoir que des complémentarités existent bel et bien, citant un fort potentiel commercial dans l'agriculture et le partage de production, à destination des marchés régionaux et extérieurs, dans les secteurs pharmaceutique et automobile, par exemple», souligne l'Observatoire.
Celui-ci cite Ralf-Michael Kaltheier, spécialiste des infrastructures à la Banque mondiale pour l'Amérique latine, qui a expliqué comment « les pays d'Amérique centrale ont su accroître leurs échanges régionaux et leur intégration, et en quoi ce processus est complémentaire des liens importants qu'ils entretiennent avec leurs deux puissants voisins : le Mexique et les Etats-Unis. Aujourd'hui, 17 % du total du commerce de l'Amérique centrale concerne des échanges entre pays de la région (contre moins de 3 % pour le Maghreb).Le Maghreb est également sensible à la question du commerce intérieur, dont l'atonie ne s'explique pas précisément par le principe de l'offre et de la demande ».
Uniformisation des normes
L'adoption d'une langue commerciale commune s'impose au Maghreb. Elle passe par une uniformisation des normes et un dispositif réglementaire unique, afin de renforcer la confiance du secteur privé et de lui permettre de jouer un rôle similaire, souligent les séminaristes. "Le Maroc et la Tunisie ont pris des mesures qui vont dans ce sens, avec pour résultat un accroissement des échanges bilatéraux. Cependant, comme l'a noté Abdemoula Ghzala, spécialiste principal des infrastructures à la Banque mondiale et responsable de l'équipe qui a produit l'étude sur le Maghreb, les réformes et les programmes sont d'autant plus efficaces qu'ils sont mis en 'uvre de manière coordonnée et globale. La conclusion de ce rapport présente un plan d'action détaillé qui a fait l'objet d'une présentation lors de l'atelier" ajoutent -ils. Ce plan peut servir de feuille de route à l'élaboration d'un cadre régional qui 'uvrerait à l'élimination des barrières commerciales au Maghreb et au sein duquel les initiatives individuelles pourraient être renforcées, ce qui jetterait les bases d'une intégration économique accrue.
"Les pays du Maghreb ne soupçonnent pas l'ampleur de leur potentiel. La réduction des coûts des échanges à un niveau proche de celui des autres régions favoriserait l'établissement de chaînes d'approvisionnement qui renforceraient l'intégration des pays et leur permettraient de réaliser des économies d'échelle et de commercer de manière plus compétitive avec les autres marchés", estime Jean-François Arvis, économiste senior à la Banque mondiale et coauteur du rapport. « Ils doivent cependant agir de concert, afin d'éliminer les goulets d'étranglement qui affectent les échanges dans la région, comme ils ont su le faire pour faciliter les échanges avec l'Europe. Ces mesures complémentaires sont fondamentales ».
Ainsi, récemment lors d'un atelier ministériel sur le commerce régional au Maghreb, le secrétaire général de l'Union du Maghreb arabe (UMA), Habib Benyahia, a souligné les divergences dans les langues parlées par les différentes délégations présentes, alors que le ministre marocain des Transports et de l'Equipement a exhorté les participants à user de la langue du commerce, probablement le français sachant que la plupart des habitants du Maghreb parlent cette langue. Les différentes institutions publiques et privées maghrébines chargées de développer les exportations, telle que l'agence de promotion du commerce extérieur en Algérie, peuvent concocter une langue commerciale avec une terminologie claire et compréhensible commune au niveau de l'UMA, d'autant plus que ces pays envisagent de créer une zone de libre-échange et un marché commun à court terme.
Les négociations de ces responsables ont porté sur la façon dont le commerce rapproche les pays, en créant des régions plus solides et plus dynamiques et en permettant une meilleure intégration dans l'économie mondiale, selon l'Observatoire économique méditerranéen. Cependant, pour que cette langue commune prospère et puisse apporter de nombreux avantages, ajoute cette source, « elle doit s'inscrire dans un environnement porteur, ce qui suppose de faciliter l'accès aux marchés régionaux par un cadre réglementaire commun et un réseau de transports assurant une circulation des biens rapide et efficace ».
L'atelier, organisé par la Banque mondiale avec l'appui du ministère du Transport de l'Equipement marocain et de l'UMA, a passé en revue de nombreux exemples de régions parvenues à un meilleur niveau d'intégration grâce au commerce. Les bénéfices, qui sont manifestes, se traduisent par un accroissement du commerce intérieur et, plus important encore, une participation plus active et plus compétitive dans l'économie mondiale, souligne encore cette source.
La Banque mondiale déplore
l'absence de commerce extérieur
Ce qui est certain, c'est que les dirigeants politiques maghrébins veulent accélérer le processus d'intégration économique, car ils se sont persuadés que l'avenir économique de cette région marqué par une histoire commune réside dans l'union économique en dépit des divergences idéologiques. Ainsi, « en matière d'intégration régionale, ce n'est pas l'envie qui a manqué aux pays du Maghreb » indiquent les participants à cet atelier. Ils précisent que « la région est déjà dotée d'une langue, d'une culture et d'une histoire commune, ce qui limite d'autant le nombre d'obstacles à lever. Le secrétaire général de l'UMA est revenu à plusieurs reprises sur la situation de l'UMA, dont la création a été scellée en 1989, mais dont la concrétisation, 23 ans plus tard, se fait toujours attendre. Un nouveau rapport de la Banque mondiale, présenté lors de l'atelier, signale également qu'en dépit des nombreuses affinités entre les Etats, l'absence de commerce intérieur est flagrante. Certes, un certain nombre de facteurs sont habituellement mis en avant pour expliquer le faible niveau des échanges à l'intérieur du Maghreb, comme l'absence d'une véritable dynamique de l'offre et de la demande, la prépondérance du secteur pétrolier dans les économies de l'Algérie et de la Libye, ou encore le fait que les entreprises marocaines et tunisiennes privilégient les relations avec les partenaires européens, au détriment d'opportunités régionales » poursuit cette source.
En tout cas le Maroc et la Tunisie sont disposés à développer le commerce extérieur et à fructifier leurs relations commerciales avec l'Algérie en revendiquant la levée des barrières douanières et l'ouverture des frontières. Les dirigeants de ces pays ont multiplié les démarches et les initiatives pour faciliter les échanges commerciaux au Maghreb. Toutefois, «plusieurs participants à l'atelier ont fait valoir que des complémentarités existent bel et bien, citant un fort potentiel commercial dans l'agriculture et le partage de production, à destination des marchés régionaux et extérieurs, dans les secteurs pharmaceutique et automobile, par exemple», souligne l'Observatoire.
Celui-ci cite Ralf-Michael Kaltheier, spécialiste des infrastructures à la Banque mondiale pour l'Amérique latine, qui a expliqué comment « les pays d'Amérique centrale ont su accroître leurs échanges régionaux et leur intégration, et en quoi ce processus est complémentaire des liens importants qu'ils entretiennent avec leurs deux puissants voisins : le Mexique et les Etats-Unis. Aujourd'hui, 17 % du total du commerce de l'Amérique centrale concerne des échanges entre pays de la région (contre moins de 3 % pour le Maghreb).Le Maghreb est également sensible à la question du commerce intérieur, dont l'atonie ne s'explique pas précisément par le principe de l'offre et de la demande ».
Uniformisation des normes
L'adoption d'une langue commerciale commune s'impose au Maghreb. Elle passe par une uniformisation des normes et un dispositif réglementaire unique, afin de renforcer la confiance du secteur privé et de lui permettre de jouer un rôle similaire, souligent les séminaristes. "Le Maroc et la Tunisie ont pris des mesures qui vont dans ce sens, avec pour résultat un accroissement des échanges bilatéraux. Cependant, comme l'a noté Abdemoula Ghzala, spécialiste principal des infrastructures à la Banque mondiale et responsable de l'équipe qui a produit l'étude sur le Maghreb, les réformes et les programmes sont d'autant plus efficaces qu'ils sont mis en 'uvre de manière coordonnée et globale. La conclusion de ce rapport présente un plan d'action détaillé qui a fait l'objet d'une présentation lors de l'atelier" ajoutent -ils. Ce plan peut servir de feuille de route à l'élaboration d'un cadre régional qui 'uvrerait à l'élimination des barrières commerciales au Maghreb et au sein duquel les initiatives individuelles pourraient être renforcées, ce qui jetterait les bases d'une intégration économique accrue.
"Les pays du Maghreb ne soupçonnent pas l'ampleur de leur potentiel. La réduction des coûts des échanges à un niveau proche de celui des autres régions favoriserait l'établissement de chaînes d'approvisionnement qui renforceraient l'intégration des pays et leur permettraient de réaliser des économies d'échelle et de commercer de manière plus compétitive avec les autres marchés", estime Jean-François Arvis, économiste senior à la Banque mondiale et coauteur du rapport. « Ils doivent cependant agir de concert, afin d'éliminer les goulets d'étranglement qui affectent les échanges dans la région, comme ils ont su le faire pour faciliter les échanges avec l'Europe. Ces mesures complémentaires sont fondamentales ».
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