J’essaierai dans mon intervention de donner mon point de vue
sur la question : est-ce qu’il faut une norme pan-berbère ou une norme
pour chaque dialecte ?
L’unification de la langue berbère est une aspiration profonde de
beaucoup de militants de la cause. La tentation est grande et l’idée fort
répandue de vouloir instaurer une norme unitaire à base d’éléments
linguistiques communs. (Et le professeur MILITAREV à montré qu’il
n’y en a pas plus en berbère que dans les langues romanes, slaves ou
anglo-saxonnes). Ce dessein s’inspire consciemment ou
inconsciemment du modèle diglossique arabe et du jacobinisme
français. L’idéologie diglossique, dominante au Maghreb, a toujours
minoré les langues diversifiées, présentées comme des sous langues.
On comprend dès lors le désir ardent de certains militants de vouloir
valoriser le berbère en le dotant d’une norme unique qui ferait écho,
qui serait le pendant de l’arabe classique.
Cette intention se manifeste de manière explicite dans les textes
officiels régissant l’enseignement du berbère, textes inspirés, à tout le
moins sur le point de l’unification des dialectes, par le Haut
Commissariat à l’amazighité. Ainsi la circulaire ministérielle du 07
octobre 1995 définit deux types d’activités pédagogiques : les activités
d’apprentissage linguistique et les activités dites socio-culturelles.
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Posté par : einstein
Ecrit par : - Kahlouche Rabah
Source : Iles d Imesli Volume 2, Numéro 1, Pages 143-150 2010-12-31