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Planète (France/Europe) - « Contre la bétonisation, joignons-nous au printemps des luttes locales »


Planète (France/Europe) - « Contre la bétonisation, joignons-nous au printemps des luttes locales »
Dans cette tribune, une centaine d’associations, de syndicats et de collectifs appelle à un printemps des luttes locales pour s’opposer à l’accaparement des territoires par les bétonneurs, du 23 au 26 mai.

Malgré les grands engagements de zéro artificialisation et de préservation du vivant, le constat est accablant: la France continue de bétonner massivement ses terres agricoles et naturelles.

Chaque année, plus de 24.000 hectares sont encore artificialisés, soit cinq terrains de football par heure, et cette destruction massive ne ralentit pas. La bétonisation imperméabilise les sols, tandis que l’extraction des granulats artificialise les terres agricoles et détruit les nappes souterraines, le plus souvent de façon irrémédiable. Le ciment, ingrédient indispensable à la fabrication du béton, est responsable de 8 % des émissions de CO2 mondiales et de la disparition des habitats naturels, première cause de l’extinction de la biodiversité.

Et tout cela, pour qui, et pour quoi?

Dans le Tarn, on rase 430 hectares pour l’A69 et gagner une poignée de minutes pour les quelques-uns qui pourront se payer le péage chaque jour — et une cinquantaine d’autres projets similaires sont prévus en France.

. Lire aussi: «On fait le travail de la préfecture»: des habitants expulsent des machines de l’A69 (A lire sur site ci-dessous)

En Picardie, on rase et on creuse 3. 200 hectares de terres pour un canal qui ne fera qu’accélérer le transport de porte-conteneurs, au profit de l’empire logistique et de la consommation de masse de produits venus de toujours plus loin.

Dans les Alpes, on bétonne déjà en prévision des JO 2030 pour multiplier des hôtels de luxe et équipements qui seront abandonnés peu après. En périphérie des centres urbains, on rase les derniers espaces verts et les friches pour y mettre des data centers et soutenir la massification de l’IA.

Pour poursuivre le tout-béton, on éventre des collines et des montagnes pour de nouvelles carrières à travers la France, on rase des forêts, recouvre des zones humides de ZAC, d’entrepôts et de centres commerciaux qui ne répondent qu’aux besoins d’un capitalisme prédateur, jamais à celui des habitant·es.

- Une destruction dont les responsables sont connus

Cette destruction se fait jour après jour en bande organisée, et les responsables sont bien connus. Ce sont ces nombreux maires bétonneurs qui signent à la moindre fausse promesse d’emploi ou perspective de gains court-termistes d’un projet. Ce sont les préfets qui autorisent ces projets en détournant le droit de l’environnement pour ne pas l’appliquer.

Ce sont les ministres et parlementaires qui détricotent la loi ZAN, et qui loi après règlement, comme avec la bien connue loi Duplomb, accélèrent toujours les procédures et réduisent toujours le simple droit de contester un projet d’urbanisme. Ce sont les entreprises du BTP qui, droguées à l’argent public, font pression pour continuer à bétonner comme dans les années 1960.

Ce sont les multinationales du béton comme Lafarge-Holcim, et les acharnés de la route comme Vinci Autoroutes ou Atosca, dont le modèle économique tout entier dépend du fait de construire des infrastructures perfusées aux milliards d’argent public.

«Un front se lève contre l’artificialisation des sols»

Mais depuis plusieurs années un front se lève contre l’artificialisation des sols et le monde du béton. Dès 2020, des actions Fin de chantiers menées par Extinction Rebellion commençaient à occuper et dénoncer les cimenteries, tandis que des rapports accablants étaient publiés par les ONG du monde entier, et que des actions souterraines avaient lieu pour endiguer les chantiers.

En décembre 2023, une vaste campagne de 50 actions en France et à l’internationale portée par plus de 200 organisations a permis de visibiliser la filière béton et le cimentier Lafarge-Holcim, via des blocages, intrusions, occupations, désarmements... jamais vus auparavant. Financement du terrorisme, répression débridée et artificialisation sans compter, le géant du ciment demeure un des grands coupables de cette industrie mortifère.

- Refuser l’accaparement de nos territoires

Ce refus de l’accaparement de nos territoires par les bétonneurs se massifie: partout des collectifs d’habitant⋅es se lèvent pour rejeter en bloc ces projets d’aménagement imposés, qui non seulement bétonnent mais amènent toujours avec eux la vision d’un monde toxique pour celles et ceux qui y vivent: pollutions des eaux, des sols, destruction de la paysannerie ou des maillages locaux, conditions de vie et de travail dégradées...

La carte des luttes du média Reporterre, actualisée en février 2026, recense ainsi plus de 750 de ces combats locaux qui se multiplient et s’organisent pour reprendre le pouvoir sur ce qui est fait de nos villages, nos villes, nos campagnes. Car nos luttes permettent un lien politique sur le terrain, des organisations nouvelles et des rencontres plus larges que celles auxquelles nous sommes habitué·es. Et elles l’emportent souvent: sur les dix dernières années ce sont plus de 160 victoires qui ont été remportées par ces collectifs d’habitant·es, contre des multinationales et des projets gigantesques!

Il nous faut maintenant aller plus loin: amplifier nos résistances, nos capacités de réaction et notre entraide en tant que mouvement. Tant face à la montée des idéologies autoritaires et antidémocratiques, qu’à la multiplication des projets imposés et polluants, nous devons construire des territoires en résistance. De nouveaux conseils municipaux seront élus en mars, mais nous savons bien que nous ne pourrons pas changer les politiques locales sous pression des logiques capitalistes d’aménagement du territoire sans un rapport de force qui rende nos luttes incontournables.

- Passer à l’action du 23 au 26 mai

Alors dès ce printemps, nous serons là, dans les villes et les campagnes, dans les carrières, dans les champs, sur les futures ZAC et tracés d’autoroutes, pour en finir avec le monde du tout-béton. Nous serons là pour les stopper, les retarder, les perturber autant que possible, nous massifier et rendre notre opposition incontournable, jusqu’à ce que le coût de leur entêtement soit si élevé qu’ils renoncent!

Ensemble, habitant·es, naturalistes, collectifs en lutte, victimes des impacts de l’artificialisation, ouvrier·es et professionnel·les de l’industrie qui souhaitent travailler avec dignité sans détruire leur santé, organisations syndicales, associations, nous allons faire entendre la voix de nos territoires en résistance. Durant quatre jours, manifestations, actions, affichages, publications, blocages vont se succéder partout pour présenter un front uni face aux projets destructeurs du vivant. Ensemble, passons à l’action du 23 au 26 mai, pour ce qui sera le printemps des luttes locales. Rejoignez-nous!

. Précisions: - Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.

- Les signataires:

Alternatiba

ANV-COP21

Attac France

Les Amis de la Terre France

Union syndicale Solidaires

Les Batisseureuses des terres

Coordination nationale photorévoltée

Confédération Paysanne

La Déroute des routes

Extinction Rebellion

Les Naturalistes des Terres

L’Observatoire des abeilles

Pour Une Ecologie Populaire et Sociale - PEPS

Réseau Sortir du Nucléaire

Les Soulèvements de la terre

Collectif reprise de terre

Réseau Rester sur terre

Revue Terrestres

Terres de Luttes

Affamons l’Incinérateur de Créteil

Les Ami.es de la Plaine de Saint-Péray

Alternatiba 06

Amis de la Terre Savoie et Haute-Savoie

Association Au pied des arbres

Association Libère Terre

Association ALIC

Association Alterre

Association YACA Ecologie et Environnement Rouergue-Quercy et Georges de l’Aveyron

Assemblée populaire 21

Association CAMIL

Attac Landes Côte Sud

Bassines Non Merci 17

Bassines Non Merci 37

Cause à défendre

Collectif Citoyen pour un Autre Photovoltaïque dans les Alpes du Sud

Collectif 924

Collectif Atterrissons d’urgence, Montpellier

Collectif Axe vert de La Ramée

Collectif du bois vert

Collectif Carrière Tahun

Collectif Préservons la Cité Bergère

Collectif de défense des Jardins Ouvriers d’Aubervilliers

Collectif Stop au béton

Collectif StopA412

Collectif à Nous la Draille

CLAME – collectif des citoyens libres alerte méthaniseur

Comité des soulèvements de Loire 49

Collectif Citoyen JOP 2030

Collectif Sauvons nos étangs

Comité local des Soulèvements de la Terre Quimperlé

Comité des Soulèvements de la terre Limoges

Comité Soulèvements de la terre sud-est

Comité creusois des soulèvements de la terre

Comité des soulèvements de la terre en Corrèze

Comité des soulèvements de la terre Cholet Nord Vendée

Comité des soulèvements de la terre 85

Comité des soulèvements de la terre indrais

Comité des soulèvements de la terre Sud-17

Coalition Viure

Coord’eau 34

Ensa Strasbourg

Estuaire 2050

Extinction Rebellion Avignon et alentours

Extinction Rebellion la rochelle

FLANER - Flandre Lys Alloeu Nature et Environnement Respectés

Lab Normandie

Mouvement d’Action Paysanne

Sauvons Nos Horizons

Stop carrière Fessanvilliers

Stop RN88 – Lutte des Sucs

Terre de liens Auvergne

Vivants vigilants

La Voie Est Libre

le nuage était sous nos pieds

Comité des soulèvements de la terre 61

Coordination anti-carrieres

ASPECT (Association de Sauvegarde et de Protection de l’Environnement de Coussay-les-Bois)

Inter-collectifs contre le 2e Lyon-Turin

Photo: Environ 1.500 personnes, 700 selon la préfecture, avaient participé à la « Manif’ du futur » le 20 septembre 2025 à Bure contre le projet Cigéo, qui prévoit l’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux. - © Amanda Jacquel / Reporterre

Pour accéder et lire l'article ci-dessus: https://reporterre.net/Contre-la-betonisation-joignons-nous-au-printemps-des-luttes-locales

Une centaine d’associations, de syndicats et de collectifs

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