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Algérie - Lutte contre le gaspillage durant le Ramadhan: il y a une prise de conscience collective



Algérie - Lutte contre le gaspillage durant le Ramadhan: il y a une prise de conscience collective
Chaque année, le mois de Ramadhan est accompagné, en Algérie comme ailleurs, de scènes récurrentes de gaspillage alimentaire. Tables abondantes, achats excessifs, préparations surdimensionnées : autant de pratiques qui, bien que dictées par un élan de générosité et de convivialité, conduisent à des pertes importantes de denrées. Le pain, en particulier, figure parmi les produits les plus touchés, devenant l’un des symboles de ce gaspillage silencieux qui s’installe dans les habitudes de consommation.

Les causes de ce phénomène sont multiples. Elles relèvent d’abord de facteurs culturels et sociaux: la volonté d’honorer les invités, la peur du manque au moment de la rupture du jeûne, ou encore l’idée selon laquelle l’abondance est indissociable de la fête. À cela s’ajoutent des pratiques d’achat impulsif, encouragées par l’offre commerciale et l’attrait des marchés durant cette période. Enfin, l’absence de planification des repas et la méconnaissance des quantités réellement nécessaires contribuent à amplifier ces excédents. Face à ce constat, les pouvoirs publics ont, depuis plusieurs années, engagé une démarche structurée de sensibilisation. Des campagnes nationales sont régulièrement lancées à l’approche du mois béni, associant plusieurs départements ministériels, des institutions publiques, des associations et des acteurs de la société civile. Cette année encore, une mobilisation renforcée a été engagée en amont du Ramadhan, avec pour objectif de redonner à ce mois sa véritable signification: celle de la modération, de la solidarité et du respect des ressources.

Dans cette dynamique, des actions coordonnées ont été menées notamment par le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, le ministère de la Solidarité nationale et le ministère de l’Environnement et de la Qualité de vie, ainsi que par de nombreuses structures locales et nationales. Les messages diffusés ont mis l’accent sur la rationalisation des achats, la planification des repas, la valorisation des restes et la redistribution des excédents au profit des personnes démunies. L’implication des associations de protection du consommateur, à l’image de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), a permis de relayer ces recommandations auprès des ménages et d’encourager des comportements plus responsables. L’objectif de ces campagnes dépasse la seule réduction du gaspillage. Il s’agit également de sensibiliser aux conséquences économiques de ces pratiques sur les foyers. Car si le gaspillage peut paraître anodin à l’échelle individuelle, son impact cumulé est loin d’être négligeable. Une simple baguette de pain, vendue à un prix modeste, peut sembler insignifiante. Mais multipliée par des millions d’unités jetées quotidiennement, elle représente une perte financière réelle pour les ménages et une pression supplémentaire sur les ressources nationales.

À l’échelle d’un mois, ces pertes s’accumulent et invitent à davantage de discernement dans les pratiques de consommation, dans une logique de modération et de respect des ressources, en parfaite cohérence avec les valeurs du mois béni.

Au-delà de l’aspect économique, le gaspillage alimentaire pose également des enjeux environnementaux majeurs. La production, le transport et la distribution des aliments mobilisent des ressources en eau, en énergie et en matières premières. Jeter de la nourriture revient donc à gaspiller l’ensemble de ces ressources, avec un impact direct sur l’environnement. C’est pourquoi les campagnes de sensibilisation intègrent désormais cette dimension écologique, appelant à une consommation plus durable et respectueuse des équilibres naturels. Les premiers signes observés depuis le début de ce Ramadhan laissent entrevoir une évolution encourageante des comportements. En effet, les premières observations recueillies sur le terrain ne font pas état de frénésie d’achat ou de ruées excessives sur les produits de large consommation.

Cette tendance s’explique notamment par l’amélioration progressive de la disponibilité des produits sur le marché ces dernières années, qui contribue à apaiser les comportements d’achat et à installer davantage de sérénité dans les pratiques de consommation durant le mois sacré. Cette dynamique traduit une prise de conscience progressive, nourrie par les messages répétés des campagnes de sensibilisation et par un engagement citoyen de plus en plus affirmé. Cette évolution reste toutefois à consolider et à mesurer de manière objective. Comme les années précédentes, des enquêtes et des études d’évaluation seront menées à l’issue du mois sacré afin d’apprécier l’impact réel des campagnes sur les habitudes de consommation. Des organismes spécialisés, à l’image de Extranet, sont appelés à analyser les données relatives aux volumes de consommation, aux déchets alimentaires et aux perceptions des ménages. Ces évaluations permettront d’apprécier avec précision l’évolution des comportements de consommation. Les statistiques des années antérieures avaient déjà mis en évidence l’ampleur du phénomène, avec des quantités importantes de pain et de produits alimentaires jetées quotidiennement durant le Ramadhan.

Photo d'illustration. El Moudjahid

Kamelia Adjib
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