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Planète - Depuis «Katrina», des saisons d’ouragans de plus en plus intenses



Planète - Depuis «Katrina», des saisons d’ouragans de plus en plus intenses
Le 29 août 2005, l’ouragan Katrina s’abattait sur les côtes de la Louisiane, devenant rapidement un des ouragans les plus destructeurs et coûteux de l’histoire. Vingt ans plus tard, qu’en est-il de la saison des ouragans dans l’Atlantique Nord? Retour en données.

Quand Katrina a frappé, 2005 se démarquait déjà comme une année météo hors norme: le nombre de tempêtes tropicales enregistrées pendant la saison des ouragans — 28, selon des données de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) — dépassait largement le précédent record de 20, établi en 1933.

Ce dernier a toutefois été battu en 2020: une trentaine de tempêtes tropicales sont nées dans l’océan Atlantique Nord cette année-là, dont 13 ouragans. 2005 détient par contre encore le record du plus grand nombre d’ouragans enregistrés dans une année donnée: 15.

Une combinaison de facteurs engendre des saisons des ouragans intenses comme celles de 2005, de 2020 et de l’an dernier, explique Philippe Gachon, professeur au Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal. Mais «le facteur premier, l’élément déclencheur, ce sont des températures plus élevées dans l’océan».

Des données historiques de l’Université Columbia, aux États-Unis, montrent que la température de l’Atlantique Nord a atteint 30 °C par endroits en août 2005, lors de la formation de l’ouragan Katrina.

Ces dernières années, les records de température de surface des océans sont constamment battus partout sur la planète. Et, à l’heure actuelle, les températures océaniques de 2025 se rapprochent des records de 2023 et de 2024, selon les données de l’observatoire climatique européen Copernicus.

«Ça prend beaucoup moins d’énergie pour évaporer de l’eau chaude que de l’eau froide», fait valoir M. Gachon. Plus l’humidité provenant de cette évaporation augmente dans l’atmosphère, plus l’apparition d’épisodes de précipitations importantes, de tempêtes tropicales et d’autres phénomènes extrêmes est probable, explique-t-il.

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- Des ouragans de plus en plus puissants

Ce n’est donc pas uniquement le nombre de tempêtes tropicales et d’ouragans qui risque de prendre de l’ampleur ces prochaines années — c’est surtout leur intensité, selon le chercheur. Les dégâts causés par ces tempêtes en témoignent déjà.

Selon la NOAA, Katrina (en rouge sur la carte ci-dessous, à voir sur site ci-dessous) demeure l’ouragan le plus dévastateur de l’histoire des États-Unis, avec des dommages évalués à 201,3 milliards, en dollars américains de 2024. Harvey (2017, en violet, 160 milliards), Ian (2022, en jaune, 119,6 milliards), Maria (2017, en vert, 115,2 milliards) et Sandy (2012, en bleu, 88,5 milliards) complètent le palmarès.

Ces ouragans extrêmes ne se concentreront plus uniquement sur les zones tropicales, s’inquiète M. Gachon. «L’augmentation potentielle de la fréquence, mais surtout de l’intensité des cyclones tropicaux dans l’Atlantique va être aussi associée à une migration de plus en plus vers le nord.»

Les précipitations intenses que connaissent depuis peu les étés québécois risquent ainsi de se multiplier. L’an dernier, la tempête tropicale Debby est devenue la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire du Québec, entraînant près de 2,5 milliards de dollars de dommages.

Les saisons des ouragans risquent aussi de commencer de plus en plus tôt, et de se terminer de plus en plus tard. On observe déjà des saisons précoces, où des tempêtes tropicales nommées naissent bien avant le mois de juin. La saison de 2017, la plus coûteuse de l’histoire, avait débuté aussi tôt qu’en avril.

- La nécessité de la recherche

Cette montée d’incertitude climatique rend la recherche météorologique d’autant plus importante, souligne Philippe Gachon. Il se désole de voir le financement de la NOAA menacé par les coupes constantes du président américain, Donald Trump, dans le milieu scientifique.

La Maison-Blanche compte couper le budget de la NOAA en éliminant entre autres le bureau de recherche de l’organisation, l’Office of Oceanic and Atmospheric Research. La proposition du gouvernement américain déclare ainsi vouloir «éliminer tout financement aux laboratoires et instituts de coopération sur le climat, la météo et l’océan».

. Ce texte fait partie de notre section Perspectives. (A voir sur site cidessous)

Bien que d’autres organisations, comme Copernicus, effectuent aussi un tel travail de collecte de données et de recherche, la perte de la NOAA pourrait être dévastatrice pour la science — notamment en ce qui concerne l’étude des ouragans —, mais, surtout, pour notre propre résilience face à leur apparition, selon Philippe Gachon. «Ce n’est pas une lubie de météorologue ou de climatologue, assure le chercheur. Les tempêtes tropicales n’endommagent pas uniquement les infrastructures, elles tuent. Et on va voir ces phénomènes-là augmenter évidemment en permanence avec le réchauffement climatique.»

Photo: David J. Phillip Archives Associated Press Des véhicules endommagés par l’ouragan Katrina gisaient dans les eaux de crue le 30 août 2005.

Pour voir l'article dans son intégralité avec les articles en annexe: https://www.ledevoir.com/environnement/910017/depuis-katrina-saisons-ouragans-plus-plus-intenses

Sarah Boumedda
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