Algérie

Organisation des victimes du terrorisme


Accusations contre Mme Flici C?est un dossier très accablant que des membres du secrétariat national de l?Organisation nationale des victimes du terrorisme (ONVT) ont éventé, hier au siège d?El Watan en présence des journalistes, sur la gestion organique et financière de Fatma-Zohra Flici, secrétaire générale de cette structure. Voici résumés quelques-uns des principaux griefs retenus contre la députée du RND par Boualem Ahmed et Bouhadjeb Houari, respectivement secrétaire national chargé de l?organique et président de la commission du contrôle financier. « Nous vous tenons à témoins que nous avons saisi toutes les autorités de ce pays à propos de ces cas avérés de détournements depuis décembre 2004, mais aucune suite n?a été donnée », signale, d?emblée, Hadj Brahim Ali. La presse est, pour lui, le dernier recours pour mettre le holà et « arrêter les agissements de cette dame qui a transformé notre structure en une organisation de voyous ». Les larmes aux yeux, l?orateur, qui dit avoir enterré « de mes propres mains mes enfants », refuse de cautionner « la gestion d?une femme qui a pris l?organisation en otage durant douze années ». Hors de lui, il affirme que pas moins de 40 000 adhérents de l?ONVT ne sont en fait que des « faux » dans la mesure où ils n?ont, selon lui, « aucune relation avec les familles des victimes, pas même des ayants droit ». Ayant terminé son réquisitoire, il passe la parole à Bouhadjeb Houari, qui fera une lecture d?une longue série de détournements en tous genres dont se serait rendue coupable Mme Flici. Compulsé dans un document de près de 40 pages, le rapport du contrôleur financier de l?organisation, dûment visé par un huissier de justice, lève le voile sur de nombreuses anomalies non justifiées par aucune pièce comptable. Cela va de la distribution de « primes de complaisance » jusqu?au détournement de logements destinés aux veuves des victimes en passant par la disparition énigmatique de sommes mirobolantes, en dinars et en... dollars. Au chapitre des logements, Bouhadjeb Houari révèle que Mme Flici a accaparé un logement à Tixeraïne (Alger) en son nom de jeune fille (Touil Zohra) et offert un autre dans la même cité à sa s?ur au nom de son mari (Rahou) dans le quota de 48 logements qui a été affecté aux veuves et orphelins de victimes par le ministère de la Solidarité. Le troisième appartement est revenu à un certain Sahraoui Khatir. L?orateur précise que ce dernier et la s?ur de Flici « n?ont pas un quelconque lien avec l?ONVT ». Précision : l?enquête ne concerne que Tixeraïne puisque l?ONVT a eu des quotas dans plusieurs quartiers d?Alger, « mais Flici a cadenassé tous les dossiers », révèle M. Bouhadjeb. Les services de la wilaya d?Alger et du ministère de l?Intérieur ont été saisis de cette affaire, selon lui, en vain. « Quand vous constatez qu?aucune autorité n?a réagi à nos révélations, il y a de quoi avoir peur... », avoue-t-il. Au chapitre des finances, il note que le ministère de la Solidarité a fait un don de un milliard de centimes à l?organisation pour être distribué sous forme d?enveloppes de 5000 DA à 2000 familles. Cependant, 900 millions seulement ont été effectivement distribués, selon lui, et que 48 familles ont refusé l?argent. Là aussi, aucune trace de cet argent. Le contrôleur financier affirme que « jamais une délibération n?a été faite sur les questions financières depuis sa création ». S?agissant de la scabreuse affaire des 20 000 dollars qui devaient profiter aux familles des victimes, le contrôleur financier ne sait pas trop où est cette cagnotte. Une seule trace du don américain : le secrétaire national des affaires juridiques, Cheboul Djelloul, a bénéficié de l?équivalent de 43 millions de centimes en dinars pour l?acquisition du matériel de... crémerie et son collègue chargé de la coordination de la région est du pays a été gratifié de 100 millions de centimes pour l?ouverture d?une pizzeria... M. Bouhadjeb, qui a chapitré ces détournements dans la rubrique des opérations « extra comptables », souligne qu?il a été saisi par l?ambassade des Etats-Unis, qui voulait connaître l?usage qui a été fait de cet argent. « Je n?ai pas voulu me rendre à l?ambassade de peur qu?on m?accuse de je ne sais quoi », explique-il. Et de s?exclamer : « Avec tout ce qu?on vient de déballer, on n?arrive pas à l?ébranler ! » Il faut noter également que les « redresseurs de l?ONVT » détiennent un autre lourd dossier, organique celui-là, sur la gestion de Mme Flici. Il lui est reproché notamment d?avoir organisé « illégalement » un conseil national en juillet dernier à Boumerdès avec des personnes qui dirigent l?autre organisation, l?ONVTAD en l?occurrence. La responsable locale de l?ONVT a prouvé, documents à l?appui, que ces personnes ont démissionné officiellement de l?organisation et qu?elles ont rejoint l?organisation rivale. Pis, la présidente du bureau de wilaya révèle que l?autorisation de tenir ce « pseudo » conseil national lui a été remise par l?APC et non pas par le ministère de l?Intérieur, « comme elle le prétend ». Et alors que les dix dissidents faisaient ces révélations, Mme Flici rendait public un communiqué au nom de la commission de préparation du congrès dans lequel elle note que Boualem Ahmed et Bouhadjeb Houari ont été « exclus de l?organisation » lors du fameux conseil national du 14 juillet. Elle annonce également la tenue du congrès pour les 25 et 26 décembre 2005.
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