C’est à la faveur de mon enquête sur les victimes de l’OAS à Oran, durant la période 1961-1962, que je suis arrivé à m’intéresser de plus près au recueil de nouvelles d’Assia Djebar, « Oran, langue morte ». Romancière et nouvelliste, elle fut la première femme romancière algérienne à avoir intégré Oran comme trame spatiale dans son écriture romanesque.
Oran, langue morte, n’est pas à proprement parler une œuvre romanesque, mais un recueil de nouvelles écrites entre les mois d’août et octobre 1996 à Paris : Oran, langue morte, L’attentat et Le corps de Félicie.
L’auteure, scénariste et réalisatrice de surcroît, emprunte à l’écriture cinématographique, la technique de l’assemblage des plans en procédant dans son style narratif à des « retours en arrière dans la guerre d'hier », établissant ainsi le lien directement entre les différents protagonistes sur les mêmes lieux et à des époques différentes, la politique de la «terre brûlée » de l’OAS, la journée sanglante du 5 juillet 1962, et les massacres des populations et assassinats des intellectuels par les islamistes (1992-1999).
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Posté par : einstein
Ecrit par : - Benkada Saddek
Source : Insaniyat Volume 18, Numéro 66, Pages 93-104