Algérie

On se bouscule à l'état civil

Le service d'état civil, qui accueille chaque jour des centaines de citoyens, est, de par son exiguïté et son organisation qui laisse tant à désirer, l'espace de référence pour s'apercevoir que l'administration locale n'arrive plus à satisfaire la demande de plus en plus grande des administrés.

Sur les 9 guichets que compte le service, 3 seulement sont occupés par des agents qui, aux premières heures de la matinée, présentent déjà des signes d'énervement. Ici, le stress est présent aussi bien chez le personnel très réduit que chez les usagers, dont plusieurs affirment qu'ils reviennent fréquemment pour régler des problèmes, notamment de transcription de documents d'état civil. L'absence de panneaux indiquant la spécialité de chaque guichet ainsi qu'un bureau d'orientation, augmente encore plus le va-et-vient incessant des usagers.

Devant le bureau du chef de service, qui reçoit les citoyens à raison de 4 jours par semaine, une foule attend dans un désordre indescriptible. Dans la chaîne, chacun raconte ses déboires et tous convergent vers la négligence des services concernés qui commettent des « erreurs d'écriture» s'avérant fatales pour le citoyen, contraint de recourir à la justice pour un rectificatif, une démarche qui dure parfois des mois entiers.

C'est le cas de cette dame dont le petit-fils a été inscrit de sexe féminin, ou encore de ce sexagénaire complètement désorienté qui affirme qu'on refuse de lui délivrer un extrait de naissance de matrice pour son fils adoptif en dépit d'un jugement. Or, explique-t-il, « comment se fait-il que ce document lui était délivré depuis 13 ans, jour de naissance du garçon, et que, pour une raison encore obscure, on lui refuse ce droit aujourd'hui». «C'est un vrai casse-tête, surtout pour l'acte de naissance original et la carte d'identité. Il faut attendre au moins une semaine pour avoir son acte de naissance original», lancent d'autres. Ceci en temps normal, car ce n'est pas le cas de ce citoyen demeurant à Zahana qui attend l'extrait de naissance de son père né à Oran depuis le mois de janvier.

M.Ennabi, directeur de l'état civil de la commune d'Oran, affirme qu'« une vingtaine d'erreurs sont enregistrées quotidiennement au niveau de son service, surtout lorsqu'il s'agit de faire des traductions en arabe à partir d'un registre en français ou l'inverse. Le même responsable a toutefois expliqué que « le nombre d'erreurs a nettement diminué après l'informatisation des registres de matrice qui se fait graduellement».

En 2007, le tribunal d'Oran, qui coiffe les municipalités d'Oran et de Bir El-Djir, a enregistré 3.539 demandes de rectification de documents délivrés par l'état civil. Durant la même année, 966 actes de naissance ont été rectifiés par voie judiciaire et 307 autres par voie administrative.


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