
El Watan - écrit par : K. Smail
Oliver Bottini, 51 ans, ayant un nom à consonance transalpine-emprunté du nom de son ancienne épouse, une Italienne, est un auteur, bien allemand, à succès, de polars. Il vient de publier un roman intitulé Paix à leurs armes (Ein paar Tage Licht) chez Piranha Editions. Un thriller se déroulant en Algérie
Comment un auteur allemand de polars à succès peut-il s'intéresser à l'Algérie et en faire un roman ? Et de surcroît, sur un sujet «tabou», l'armement, voire le surarmement&hellip
J'ai lu dans un journal allemand un article portant sur un contrat entre l'Allemagne et l'Algérie, de l'ordre de 10 milliards d'euros. Un contrat d'armement. Des navires de guerre, des frégates, des blindés, des chars (type Fuchs 2), des camions tout-terrain et la construction d'une usine en Algérie&hellip
Ainsi, j'ai eu l'idée d'écrire un roman policier autour de cela. Parce que j'ai toujours été intéressé par les exportations de l'Allemagne à travers le monde en matière d'armement. Parce que nous (l'Allemagne) sommes classés n°3 dans le monde comme exportateur d'armes et d'armement. Et l'Algérie était un sujet très intéressant. Parce que je ne connaissais pas bien l'Algérie.
Mais j'ai voulu lire et effectuer des recherches sur l'Algérie. Sur cette combinaison avec l'exportation d'armement. Et l'Algérie, pour moi, était un bon sujet.
Dans votre roman Paix à leurs armes, la fiction dépasse la réalité ou bien le contraire&hellip
Par rapport à la réalité, je ne comprends pas vraiment cela. Seules les compagnies allemandes, construisant les tanks ou les navires, le comprennent. Peut-être des «intermédiaires» se sont fait de l'argent. Je ne le sais pas. Pour moi, c'est la grande question.
Pourquoi l'Allemagne exporte tant d'armes et d'armement vers l'Algérie, l'Arabie Saoudite&hellip A n'importe qui a besoin d'armes d'Allemagne. Je ne comprends pas. Pourquoi ? Parce que nous délivrons aussi des armes dans des régions de guerre. Mais le livre est fictif. Cela n'est pas vrai (rire). Non !
Un monde surarmé ne peut aboutir qu'à une catastrophe&hellip
Les armes ont une durée de vie de quarante ou cinquante ans. Elles ne s'abîment pas. Mais l'Algérie, pour l'Allemagne, est un pays important. Pour les politiciens (allemands), ils disent que l'Algérie est le seul pays stable au Maghreb et dans le monde arabe. La logique allemande est de doter l'Algérie d'armes et d'armement pour maintenir encore plus sa stabilité.
Comment avez-vous fait pour transcrire cette fidélité de noms communs, événements, histoire, politique, société&hellip Avec une telle précision. On aurait cru que vous avez vécu longtemps en Algérie&hellip
(rires). Merci beaucoup. Le «truc», la technique de l'écrivain, c'est de créer une illusion. J'étais en Algérie, en 2012, pour seulement une semaine à Alger. Je ne connaissais personne à Alger. Seulement, le directeur de l'Institut Goethe d'Alger et un officier de police allemand exerçant à l'ambassade d'Allemagne à Alger. Je leur avais écrit et les avais contactés auparavant pour éventuellement les rencontrer.
Vous vous êtes documenté pour vous imprégner&hellip
J'ai beaucoup lu sur l'Algérie. J'ai parlé à des Algériens, ici, à Berlin et dans d'autres régions en Allemagne. J'ai vu de nombreux films algériens. J'ai fait de longues recherches sur l'Algérie.
Je me suis, effectivement, documenté. Et j'ai ressenti une grande sympathie pour le peuple algérien. Pour ce pays. C'est plutôt une très difficile histoire. Avec la colonisation française, la résistance, la Révolution, la guerre de libération après l'indépendance, dans les années 1990, une autre guerre.
Avez-vous visité Alger, La Casbah ?
Non, pas à La Casbah. Le centre-ville, la rue Didouche Mourad, La Grande-Poste. Mais aussi, Sidi Fredj où les Français ont envahi l'Algérie (1832).
Le héros -fictif- de votre roman Paix à leurs armes est un policier allemand chargé de la sécurité de l'ambassade d'Allemagne en Algérie&hellip
Oui, c'est un officier de police. C'est un personnage fictif. Il exerce à l'ambassade d'Allemagne, à Alger.
Dans les ambassades d'Allemagne dans le monde, il y a un officier de police. Il vit en Algérie depuis quatre ou cinq ans. C'est un expert dans la région. Il doit envoyer un rapport à la police allemande mais aussi aux politiciens (allemands). Sur des questions portant sur le terrorisme, les problèmes sociaux, les manifestations (rassemblements), le trafic de drogue&hellip
Vous envisagez de publier votre livre en Algérie&hellip
Je ne sais pas. Pour ce faire, l'éditeur algérien devrait acheter les droits de celui allemand. Et pour que l'éditeur français transmette la version en français de l'ouvrage. J'aimerais que cela marche et soit édité en Algérie.
Combien de temps a pris l'écriture de ce livre ?
Cela a pris deux ans. Un pavé (rire) de 400 pages. C'est le seul métier que j'exerce. C'est pour cela que ça a pris deux années. Je ne fais qu'écrire.
Tous les jours&hellip
Oui, entre six et huit heures par jour. J'écris la journée.
Quelle est la différence entre les deux précédents polars -L'été des meurtriers et Meurtre sous le signe du zen -et le roman Paix à leurs armes ? Un livre ambitieux&hellip
Le roman Paix à leurs armes est plus complexe et plus important. Il est plus ambitieux. J'ai travaillé sur plusieurs niveaux. Le polar est un genre sérieux. Un polar pour les amateurs du policier. Mais le livre s'adresse plutôt aux lecteurs de littérature.
Paix à leurs armes pourrait être scénarisé et adapté au cinéma ou télévision&hellip
Deux producteurs, un Allemand et un Français, sont intéressés. Ils sont en train de proposer et vendre un projet de film pour deux télévisions allemande et française. Le travail a déjà été entamé. Mais l'on ne sait pas encore quand le tournage débutera. Il est très difficile de négocier avec la télévision allemande. Parce qu'ils ont peur de n'importe quelle chose.
Posté par : litteraturealgerie
Ecrit par : Rédaction