Algerie - Actualité littéraire

Le Coin du copiste : La chaîne du livre contrariée



Le Coin du copiste : La chaîne du livre contrariée


K. Bouslama - EL MOUDJAHED


Avec, pour décor, la dépréciation des métiers et activités liés à la chaîne du livre en Algérie, la dégradation du circuit de distribution et la transformation irréversible de nombreuses librairies en points de vente de produits plus rémunérateurs, les textes d'auteurs nationaux sont encore loin d'être aidés comme il conviendrait par les pouvoirs publics en ce qui concerne leur publication et leur diffusion. Pour ce qui est des éditeurs nouveaux venus sur la scène littéraire, il n'est quelquefois même pas question d'équilibrer les comptes, mais simplement de ne pas sombrer. Pour leur part, les grosses cylindrées de l'édition littéraire en Algérie, Anep, Enag, Casbah éditions, Barzakh, Sedia, consolident plus ou moins leur position.
A notre humble avis, multiplier les points de vente en librairie ne suffira jamais assez à écouler une production éditoriale donnée. Ce constat couvre tout produit culturel dont la consommation limitée à une population restreinte, est obligée de transiter par un circuit de diffusion calculé pour la consommation de masse.
Autrement dit les éditions qui s'adressent à un petit public telles que les éditions de théâtre, de poésie, de musique ou même de romans doivent, à défaut de construire leur propre réseau de diffusion, devraient au moins connaitre les points de vente qui marchent convenablement &mdash à l'échelle du territoire et à l'étranger &mdash et surtout savoir se servir de tous les moyens de diffusion possibles. Plutôt que de faire le siège systématique des librairies, il vaut mieux, autant que faire se peut, installer des points de vente dans les salles de théâtres, de cinémas, les bibliothèques, les cybercafés, etc., envoyer un mailing à leurs abonnés afin de leur proposer des textes, être présent lorsque se déroule une manifestation éditoriale importante comme le SILA ou le FELIV, donc être là où les gens du métier sont. C'est en multipliant ce genre de petites opérations ponctuelles que l'éditeur spécialisé peut parvenir à diffuser du texte d'auteur. En écho, de nombreux éditeurs affirment avec force qu'ils ne trouvent pas normal que la personne la plus concernée par l'édition d'un texte d'auteur n'ait pas la possibilité d'assurer un travail d'agent et de représentant. A leur sens l'éditeur devrait avoir les moyens d'investir un peu d'argent dans la promotion d'un texte d'auteur. Il devrait, par exemple, pouvoir faire lire le texte à diverses personnes, téléphoner à des critiques littéraires pour le faire connaitre, présenter l'auteur à des gens venant du cinéma, de la télévision, à des scénaristes... Publier un auteur et le mettre en librairie est une première promotion. Mais quand on croit à un auteur, on a envie de le faire connaître, d'aller jusqu'au bout de l'investissement entrepris, c'est-à-dire de le vendre et de le faire connaître au maximum en Algérie et à l'étranger. A ce niveau là l'auteur comme l'éditeur devraient pouvoir trouver leur compte sur tous les plans, y compris sur le plan financier. Dans cet esprit, et ne serait-ce que pour permettre un meilleur exercice des droits liés à l'édition d'une manière générale, les pouvoirs publics devraient encourager la création d'agences qui pourraient jouer ce rôle d'agent si l'auteur le leur demande.
 


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