Algérie

Né un 5 octobre


C'est peut-être un jour comme les autres, mais ce n'est pas une nuit ordinaire. C'est un jour de deuil selon les uns, de fête selon les autres, une simple journée portes ouvertes sur les commissariats pour les minimiseurs d'histoires, une journée semblable à celle de l'indépendance pour les maximiseurs. C'est en tout cas un jour de fierté pour ceux qui revendiquent aujourd'hui encore plus d'ouverture, de libertés, de respect et de justice et un jour de honte pour ceux qui ont torturé des enfants en les obligeant à ramper nus sur des tessons de bouteille, avec la carte du FLN dans une main.Au-delà des discours récurrents sur cette page importante de l'histoire, il y a de la part des gouvernants, y compris de celle du président de la République, une manie, une régularité mécanique, une trop grande constance pour être honnête et une insistance suspecte à qualifier les événements d'Octobre de grosse manipulation et de crise d'adolescence qui a dérapé, qu'il faut relativiser et remettre à sa place, celle d'un non-événement qui ressemble à une colère de stade ou à une grosse faim extériorisée. Octobre n'est peut-être pas aussi spontané, mais a accouché des rares acquis démocratiques que M. Bouteflika, M. Ouyahia ou M. Zerhouni n'ont pas donné et ne donneront jamais.Et l'on peut comprendre la motivation de tous les gouvernants qui préfèrent fêter la journée de l'arbre ou du patrimoine plutôt que celle d'Octobre, synonyme du jour où ils ont failli partir. Dernièrement, M. Ouyahia a encore qualifié le 5 Octobre 1988 de « complot ». En homme d'Etat, il devrait nous dire qui était partie prenante de ce complot, donner les noms des responsables et surtout expliquer pourquoi la mort de 500 personnes est restée impunie. Nous lui expliquerions alors à notre tour que si un complot peut générer plus de libertés, on ne peut que souhaiter de nouveaux complots.
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