Algérie

Menace sur l’industrie du médicament

Les opérateurs de pharmacie ont appelé, hier, le ministère de la Santé à reprendre le dialogue avec eux en ce qui concerne la question de la fabrication de médicament. Se considérant sur « la touche », ils n’ont cessé d’essayer de porter leur voix, mais sans que personne ne « nous écoute », a affirmé hier dans une conférence de presse donnée à l’hôtel Aurassi, le président de l’Union nationale des opérateurs en pharmacie (UNOP).

Bien que l’objet de cette conférence ne constituait nullement une réaction aux déclarations récentes du ministre de la Santé concernant la qualité des médicaments fabriqués localement, l’on affirme au sein de l’union que le fait que Amar Tou a rectifié le tir lors de sa visite à El-Oued, « importe peu », soulignant qu’une menace de disparition plane sur l’industrie pharmaceutique nationale, si les « choses ne changent pas ».

Les membres de l’UNOP ont interpellé le ministère de la Santé afin de débattre de la situation.

 Lors de cette conférence de presse, les opérateurs ont particulièrement insisté sur leur isolement par les pouvoirs publics et par l’absence de concertation qu’affichent ces derniers à leur égard. Le cahier des charges du 6 juin 2005 est cité comme étant l’exemple même qui découragerait les plus téméraires du secteur. En effet, parmi les dispositions contenues dans le nouveau cahier des charges il est cité la «levée de l’obligation d’investir et l’ouverture totale du marché sans contrepartie, la levée de l’obligation d’importer des produits ayant une durée de vie supérieure aux deux tiers de la vie totale du produit ainsi que l’obligation pour les laboratoires étrangers installés en Algérie d’être les importateurs exclusifs de leurs produits».

 Des dispositions en totale contradiction avec la politique prônée par les pouvoirs publics qui font de l’accès au médicament, de la maîtrise des coûts et dépenses, les éléments clés d’une politique nationale de la santé publique, est-il indiqué. Les animateurs de l’UNOP affirment par ailleurs que «l’enregistrement des produits locaux est trop lent, ce qui entraîne des pertes en valeur, en volume (stock) et sur la durée de la validité». L’union que préside Amar Ziad crie à un « abandon » pur et simple de la part des pouvoirs publics.

 Les opérateurs en pharmacie ont sur un autre plan proposé une «période probatoire», avant l’adhésion de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). «Ne nous sommes pas encore adhérents à ces organisations mais c’est comme si nous étions obligés à sacrifier notre production au nom du principe de la concurrence », a affirmé pour sa part le représentant du Syndicat algérien des industriels pharmaceutiques (SAIP) A. Chebila. Un problème sur lequel les participants sont revenus pour critiquer une démarche qui les a exclus. L’UNOP, par ailleurs, suggère de relancer « le contrat de développement » et l’application des mesures de « protection de la production nationale » telle que contenue dans les textes en signalant au passage que bien des pays ont « pu » déroger aux contraintes de ces organismes.


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