Algérie

Médiascopie


La force ou la ruse Aragon, dans les Beaux Quartiers, publié dans la France aux prises avec les balbutiements fascisants de 1936 contre la montée du Front populaire, a écrit : « Ce qui se débat sous nos yeux, c?est un schisme, dont notre pays n?a pas conscience. Il s?agit de savoir comment on gouvernera. Depuis toujours, il n?y a que deux méthodes : la force ou la ruse. Pour l?instant, c?est la bagarre entre les marchands de force et les marchands de ruse. » La ruse dans l?Algérie d?aujourd?hui, c?est de fabriquer de toutes pièces des journaux, par dizaines, sustentés par les ressources financières de l?Etat (pub de l?ANEP, imprimeries gouvernementales, enveloppes opaques pour les « coups » spéciaux, voyages à l?étranger dans les bagages du Président et ses ministres, etc.). Comme ça nos gouvernants et leurs commis de l?appareil administratif sont assurés d?avoir, en plus de leurs services de relations extérieures, de nouvelles brigades toujours plus compétitives d?attachés de presse dévoués. L?usage de la force dans l?Algérie d?aujourd?hui contre la liberté de la presse va, au nom de la justice, jusqu?à interdire de travail des journalistes, en les mettant carrément en prison. Contre toutes les forces et ruses, y compris démentielles, il va toujours rester dans des consciences de revigorantes convictions. Comme Hafnaoui Ghoul nous le prouve, avec ces mots d?une lettre à sa fille Soumeya : « Je sais que cette lettre me traînera à nouveau devant le tribunal de Djelfa. Mais la liberté d?expression ainsi que la défense des droits de l?homme me poussent davantage et plus que jamais à poursuivre le parcours que j?ai déjà entamé. En dépit des dangers, je ne saurais me taire ni m?incliner. » Tant que de telles lueurs continuent d?habiter y compris dans les geôles du pays, on doit continuer de ne pas trop désespérer de l?avenir, parce qu?il faudra aux inventeurs de la force et de la ruse travailler sans cesse, ce qui nous donnera des brèches de répit. 
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