Adrar - Revue de Presse

Maâtkas, capitale du kidnapping


Le cours est à combien ? demande un jeune un peu dés?uvré, mollement adossé à la gare routière de Tizi Ouzou. 500 millions, répond l?autre, les yeux en l?air, après trois secondes de réflexion. Ils parlent bien sûr du cours de l?enlèvement, c?est-à-dire le prix sur le marché d?un être humain vivant qui oscille depuis quelques années entre 300 millions et 1 milliard, et n?a été touché ni par la dévaluation du dinar ni par la hausse de la semoule et de l?huile. Avant, il y avait la poterie et ce petit village à quelques kilomètres au sud de Tizi Ouzou en tirait sa fierté. Aujourd?hui, il y a toujours de la terre, des mains par centaines et des potiers mais Maâtkas a préféré se spécialiser dans le rapt en devenant la capitale de l?enlèvement, soit l?endroit en Algérie où il y a plus d?enlèvements au kilomètre carré. Pourquoi Maâtkas, ce petit village kabyle au nom imprononçable est devenu en quelques années la ville du rapt alors qu?il est l?un des plus pauvres de la wilaya et que logiquement, les gens n?ont pas les moyens de payer les rançons ? Pourquoi Maâtkas a opté démocratiquement pour le rapt pendant que d?autres villes sont devenus capitale du démo pirate comme Bordj Bou Arréridj, de l?opium comme Adrar ou des bars clandestins comme les Ouadhias ? Ce mystère, que n?a pas encore résolu la police scientifique et le ministère du paranormal, revient découper l?Algérie par spécificités. Pourquoi tue-t-on à Zemmouri et pas à Boumerdès ? Pourquoi se suicide-t-on à Béjaïa et pas à El Kseur ? Pourquoi les gens de Oued Souf passent leur temps à aller en Irak au djihad alors que ceux de Biskra préfèrent ouvrir des taxiphones ? C?est la décentralisation. Pendant qu?à Alger, on compte l?argent et on planifie l?avancement du personnel politique, ailleurs on s?organise et on se spécialise. Bientôt peut-être une capitale du clonage. Où ? A Nedroma bien sûr.
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