Tissemsilt - A la une

Louisa Hanoune



Louisa Hanoune
"On a découvert le délitement de la société, on a vu ces nébuleuses de partis qui dépensent des sommes colossales pour acheter des signatures. Il y a un trafic en tous genres. On tire la sonnette d'alarme."La collecte des signatures pour les prochaines élections législatives, qui s'est révélée être un véritable parcours du combattant pour nombre de formations politiques, a permis au Parti des travailleurs (PT) de découvrir le "délitement" de la société, mais aussi des partis "nébuleux" qui ne s'encombrent ni de scrupules, ni de s'empêcher de se livrer à tous "genres de trafic" pour satisfaire à l'exigence des parrainages pour présenter des listes.C'est la secrétaire générale du parti qui tire la sonnette d'alarme. Lors de son allocution d'ouverture aux travaux de la réunion du bureau politique de son parti, hier à Alger, Mme Louisa Hanoune a livré quelques facettes constatées lors de la collecte des signatures. "On a découvert le délitement de la société. Il y a beaucoup de listes d'indépendants et on a vu ces nébuleuses de partis qui dépensent des sommes colossales pour acheter des signatures. Il y a un trafic en tous genres. On tire la sonnette d'alarme : il n'y a plus de morale sociale, ni de morale politique", a-t-elle dénoncé.Mais elle trouve, cependant, quelques explications à cette situation : la déchéance sociale. "Quand il y a la déchéance sociale, un père ou un jeune peut vendre sa signature.""La responsabilité incombe à ceux qui ont adopté des politiques qui amènent la déchéance", accuse-t-elle. "Le progrès social renforce la morale politique et la morale sociale", soutient-elle encore. Présent dans 42 circonscriptions, le PT n'a pas pu présenter de listes, faute du nombre de signatures nécessaires, dans les wilayas de Tissemsilt, de Biskra, de Naâma et d'El-Bayadh. Aussi, sa liste a été rejetée à Béchar et à Ghardaïa. Dans cette dernière ville, théâtre de violences intercommunautaires où le calme est revenu grâce à la présence massive des services de sécurité, "la fracture est réelle", selon Louisa Hanoune.Elle accuse les deux partis du pouvoir, RND et FLN, d'avoir "consacré la division", entre Ibadites "acquis" au parti d'Ouyahia, et Malékites en "faveur" du FLN. Au sein de l'immigration, le parti n'a pas jugé utile de présenter des listes. "Pour nous, c'est une arnaque. Les députés de l'immigration n'ont pas de pouvoir. D'ailleurs, nous militons pour la suppression de ces mandats."En revanche, c'est l'un des rares partis à avoir réussi le pari de la parité, puisque près de 200 femmes sont présentes sur les listes, tout comme 95% des candidats ont fait des études supérieures. "On a démontré encore une fois qu'il est possible de lutter contre la pollution politique", s'est réjouie Louisa Hanoune en rappelant que la participation de son parti aux élections est beaucoup plus dictée "par la conjoncture que par la nature des élections et la garantie pour leur transparence". Evoquant la tripartite, la SG du PT a relevé qu'elle "n'a pris aucune mesure pour rassurer les travailleurs". "Quand ils disent que le pouvoir d'achat et la paix sociale sont des lignes rouges, qu'ils descendent au marché pour voir. On dirait que ces responsables vivent sur une autre planète. Il y a un recul de 45% de la consommation", dit-elle.Tout en mettant en garde contre le nouveau code du travail dont le caractère est "sauvage", Louisa Hanoune estime, à propos de la résistance à la vaccination dans les établissements scolaires, que cela traduit "l'inexistence" de la confiance envers les gouvernants. Enfin, elle a critiqué la manière dont le 8 Mars a été célébré, une journée pour la mobilisation transformée en "fête affreuse", selon elle. "On va la reconsidérer", promet-elle. "On va montrer au cours de la campagne électorale que la situation du pays est réversible, qu'on peut construire des institutions fortes et sauvegarder les acquis de la Révolution", conclut-elle.Karim Kebir
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