Algérie

Les promesses du gaz algérien

« Economie du gaz naturel: enjeux et axes deréflexion», était hier le thème d'une table ronde organisée par la faculté dessciences économiques pour examiner les potentiels et les défis auxquels faitface ce secteur porteur pour notre économie nationale.  L'Algérie, avec seulement 4% des réservesmondiales de gaz naturel, assure 11% des besoins de l'Union européenne etprévoit de doubler dans les années à venir ses exportations pour devenir ledeuxième fournisseur de ce continent, après la Russie. Une perspective devenued'actualité, puisque les pays européens s'intéressent de plus en plus au gazalgérien, suite à la crise de décembre 2005 survenue après un désaccord sur unehausse des prix du gaz naturel livré par Gazprom à l'Ukraine. Notre pays, parsa position stratégique, ses importantes réserves de gaz naturel toujours nonexploitées, son expérience dans la liquéfaction du gaz et, bien sûr, ses deuxgrands gazoducs, demeure un partenaire incontournable pour l'Europed'aujourd'hui mais aussi celle de demain. Selon des chiffres fournis par le PrTrari Medjaoui Hocine, même si les réserves de l'Algérie sont de 4.600milliards de m3 on ne doit surtout pas omettre que seulement 40% du territoiredu domaine minier ont fait l'objet d'exploration à ce jour. Aussi, nos réservesen gaz naturel peuvent augmenter dans l'avenir grâce aux projets d'explorationlancés en partenariat avec d'autres pays. Une aubaine pour l'Algérie car dans l'Unioneuropéenne comme partout dans le monde on se tourne, désormais, vers le gaznaturel pour la production de l'électricité. La raison est que cette énergie est beaucoup«moins polluante que les autres sources d'énergie comme le charbon», assure M.Jacques Percebois, professeur agrégé et directeur du Centre de recherche enéconomie et droit de l'énergie (CREDEN) de l'université de Montpellier. Ilprécise que, désormais, «la moitié du gaz naturel qui va apparaître à traversle monde ira pour la production de l'électricité» qui est devenue un secteur enpleine expansion, même dans notre pays où on enregistre chaque année uneprogression annuelle de 7% des besoins en gaz naturel. Interrogé surl'éventualité d'une «OPEP du gaz», le Pr Percebois a affirmé que cettehypothèse est peu probable, puisque le prix du gaz naturel est indexé sur leprix du pétrole dans les contrats entre les fournisseurs et les paysconsommateurs. Pour notre interlocuteur, une OPEP du gaz ne servira strictementà rien.  A ce propos, d'autres intervenants ont attirél'attention que le rapprochement russe de l'Algérie est motivé en premier lieupar l'aspiration de la compagnie russe Gazprom de «capitaliser l'expérience algériennede près de trente ans dans la production du Gaz naturel liquéfie GNL», unesource très demandée dans les marchés internationaux car facile à transporterpar méthaniers. D'ailleurs, Sonatrach est le deuxième exportateur de GNL dansle monde. Notre pays n'est pas seulement un fournisseur idéal de gaz naturelmais peut devenir, dans les prochaines années, un partenaire fiable dans laproduction d'énergie non conventionnelles, notamment l'énergie solaire etnucléaire. Le Sud algérien détient de grandes réserves d'uranium toujours nonexploitées. A une question sur l'épuisement des énergiesfossiles (pétrole et gaz naturel), le Pr Percebois s'est montré très confianten estimant que ces énergies seront remplacées tôt ou tard par d'autres sourcesd'énergies non conventionnelles. En attendant, il n'y a pas lieu de s'inquiétercar, selon certains experts optimistes, notre pays a les moyens de diversifierses sources d'énergie. Toutefois, il faudra s'y mettre dès aujourd'hui.
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