Algérie

Le général Mohamed Betchine « refuse »de parler

Le général Mohamed Betchine « refuse »de parler
A l'époque colonel, il occupait un poste important, auquel il a été nommé le 30 octobre 1988, celui de délégué général à la prévention et à la sécurité (DGPS), issu de la restructuration de la fameuse SM, en remplacement du général Mejdoub Lakehal-Ayat. Sa fonction avait donc un rapport direct avec les événements d'octobre 1988. Sollicité à en parler le plus librement possible dans le cadre de ce dossier, un numéro spécial, il a longtemps tergiversé pour finalement et délibérément choisir, comme on le verra plus tard, le parti de ne rien dire. Certains amis m'ont conseillé d'aller le voir à son usine, la sarl Numidia Céramique, à Oued Seguène, à une trentaine de kilomètres de Constantine, dans la wilaya de Mila, nous y sommes donc allés et là, un des travailleurs, qui semble être un gardien, nous a dit qu'il ne se trouvait pas à l'usine et nous a conseillés de le contacter par téléphone, numéro inscrit à même le mur de l'usine que nous avions noté. C'était durant la matinée, dans l'après-midi, je téléphone à l'usine, une voix d'homme me répond et lorsqu'il a su qui je cherchais, je n'ai pas tardé à avoir au bout du fil Si Mohamed, j'avais reconnu sa voix. Après m'être présenté, en déclinant mes nom, prénom et fonction, (responsable du journal El Watan au niveau de Constantine), je lui ai exposé la chose, ce numéro spécial. Il a paru, m'a-t-il semblé à un moment donné, s'y intéresser et pour ne pas le gêner, je l'ai invité à choisir entre une interview ou un texte qu'il écrirait éventuellement lui-même, lui disant qu'il avait quelques jours pour y penser à l'aise et à tête reposée. Il a convenu avec moi qu'il s'agit là d'un devoir de mémoire, un devoir de savoir la vérité sur ce qui s'était passé lors de ces événements. Je l'ai mis au fait qu'il y aurait plusieurs interviews et entretiens avec plusieurs personnalités et autres acteurs de cette époque et qu'après cela, s'il refusait de parler, il ne pourrait pas dire qu'on ne lui a pas donné l'opportunité de le faire. Ensuite, je lui ai communiqué mon numéro de portable et réitéré mes nom et prénom, lui disant que s'il ne m'appelait pas, je le ferais moi-même pour en être fixé une fois pour toutes. Cela s'est passé le mardi 9 septembre. Samedi 13 septembre, au lieu de téléphoner et sachant qu'il serait à l'usine durant l'après-midi, comme la fois précédente, nous y sommes allés, S. Arslan, journaliste au bureau de Constantine, le chauffeur et moi-même ; nous y avons trouvé le même jeune homme. Nous nous sommes annoncés, quoiqu'il nous ait reconnus, et lui avons demandé à voir Si Mohamed. Il repart à l'intérieur de l'usine et après un moment assez long, il revient pour nous dire qu'il (Si Mohamed) était reparti et que, n'étant pas présent tout à l'heure, il ne savait pas qu'il était sorti. N'empêche, j'ai téléphoné mardi 23 septembre vers 14 h, la voix d'un jeune homme me fait savoir qu'il n'était pas à l'usine. Je lui dis que je rappellerai vers 16h et c'est ce que j'ai fait, « Si Mohamed n'est pas ici », me répond la même voix du jeune homme. J'ai insisté pour qu'il (Si Mohamed) me reparle, en vain. J'ai demandé au jeune homme de prendre mon numéro de téléphone au cas où' Il me répondrait. A mon grand étonnement, il l'avait déjà. Je ne me souviens pas le lui avoir donné, car je l'ai communiqué à Si Mohamed lui-même' Dommage qu'un témoin vivant, voire un acteur lors de ces événements, refuse de nous raconter sa version des faits, chose qu'il doit bien aux générations futures, à l'histoire du pays, de son pays' Il n'a même pas daigné nous recevoir pour au moins nous dire d'une manière franche ' c'est de son droit bien sûr ' qu'il refusait de parler et nous donner ' et c'est la moindre des délicatesses ' ce qui pourrait bien le motiver à agir ainsi. Dommage, car, comme on le sait, même la Grande Muette a appris à parler'
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