Le Maghreb précolonial offre un exemple singulier de modes
d’accès à la propriété ou à la possession du sol; un faisceau de droits
sur la terre découlait de l’appartenance à la communauté, et le droit
musulman autant que la coutume, le orf et/ou usages locaux déterminaient
les modalités d’appropriation et de jouissance. La colonisation
française, avec sa volonté de réduire les statuts et de les
organiser autour de la notion de propriété privée moderne - immatriculée
et cadastrée - introduira les ruptures les plus radicales dans
les rapports juridiques de propriété. La politique d’unification des
statuts fonciers autour du domaine de l’Etat et de la propriété melk
sera poursuivie par d’autres moyens et d’autres objectifs par les Etats
indépendants du Maghreb. A une étape de refondation du domaine
privé de l’Etat et de réformes agraires, succède des politiques foncières
libérales. La terre va alors changer de main et les processus
d’individualisation des terres collectives et de privatisation des terres
publiques vont prendre une dimension nouvelle au cours de ces
dernières décennies. La forte intégration de la ressource foncière dans
des dynamiques de marché – outre les risques environnementaux - se
fait toutefois au prix d’un bouleversement social des campagnes et
d’une perte de contrôle sur les terres par une fraction paupérisée de la
paysannerie.
MOTS CLEFS
Propriété foncière, agriculture, capital social
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Posté par : einstein
Ecrit par : - Bessaoud Omar
Source : Les cahiers du CREAD Volume 29, Numéro 103, Pages 17-44