Algérie

La promotion de la bancarisation


La libéralisation financière s’est traduite concrètement par l’installation de grands groupes bancaires étrangers. Le champ de l’activité bancaire s’est élargi et la concurrence est devenue une réalité au quotidien. L’ouverture du marché financier ne s’est pas limitée uniquement à l’aspect institutionnel, elle a visé aussi la modernisation des systèmes d’information et des infrastructures financières.

Les chantiers bancaires ouverts depuis cinq ans permettront au pays de disposer d’un système bancaire moderne et sécurisé avec l’objectif de bancariser toute la population. A terme, la monnaie fiduciaire cédera le pas à la monnaie scripturale d’autant que sa gestion est coûteuse. Les investissements engagés par les pouvoirs publics et les banques pour la modernisation des services bancaires ne peuvent pas ne pas avoir d’impact sur la bancarisation de l’économie en général et de la population en particulier. Il est admis que le taux de bancarisation de la population en Algérie est moyen si l’on se base sur le nombre de comptes bancaires et postaux ouverts (plus de 5 millions pour les chèques postaux) par rapport à la population totale du pays. L’implantation des guichets bancaires comparativement aux guichets postaux ne couvre pas tout le territoire national. La localisation des agences bancaires est beaucoup plus marquée dans les grands centres urbains. Pour les banques, les statistiques font état de 1200 agences alors que la poste dispose de 3300 bureaux. On comptabilise donc une agence bancaire pour 26.000 habitants et un guichet postal pour 1000 habitants avec une présence dans les endroits les plus reculés du pays. Cependant, il convient de souligner que la poste n’offre pas de services bancaires (octroi de crédit par exemple) et que son activité financière en l’état actuel de son fonctionnement se limite aux moyens de paiements (chèque postal et monétique). Sur un autre plan, il est aussi admis qu’une part importante des règlements des transactions commerciales au quotidien ne transite pas par les circuits bancaires pour de multiples raisons (marché informel, fiscalité, insécurité…). Cette situation, qui n’est pas propre à notre pays, perturbe l’organisation générale de l’activité commerciale et fait échapper des pans entiers de l’économie au contrôle (manque à gagner pour le fisc, le système bancaire…). Les efforts à fournir pour élever le taux de bancarisation et faire intégrer tout ceux qui sont à la marge dans l’économie sont certainement un défi majeur de cette étape du développement. Cet objectif se concrétisera lorsque le plein emploi deviendra effectif. En attendant, il y a certainement d’autres pistes à explorer pour attirer vers la banque ceux qui sont réticents à utiliser le circuit bancaire classique, mais aussi adapter la tarification actuelle pour réduire les frais d’utilisation des services bancaires. La commercialisation des produits alternatifs aux produits commerciaux classiques pour peu qu’ils s’inscrivent dans la législation bancaire en vigueur et la réglementation prudentielle conciliera beaucoup de citoyens avec la banque à partir du moment où le choix est modulé selon les convictions de la clientèle. S’agissant du prix à payer pour accéder aux prestations bancaires, les banques développent une politique de tarification qui les conduit à facturer des services de plus en plus nombreux à leurs clients. C’est ainsi que les virements, les prélèvements, la consultation du compte sur internet… deviennent ou vont devenir progressivement payants. Devant cette réalité et l’impossibilité de s’y opposer du fait de la liberté tarifaire qui est le principe de l’économie de marché, il y a nécessité pour les pouvoirs publics d’encourager une tarification appropriée pour éviter l’exclusion bancaire aux consommateurs les plus fragiles. En effet, l’utilisation d’un compte bancaire devient indispensable pour de nombreux actes de la vie courante : percevoir un salaire ou des prestations, payer certaines dépenses de façon sécurisée… D’un autre côté, la faible utilisation de la monnaie scripturale et l’utilisation très marginale des moyens et procédés de paiement électroniques incitent à plus de facilitation et de flexibilité afin de parvenir à endiguer le faible taux de bancarisation qui traduit une réticence vis-à-vis des moyens de paiement scripturaux en particulier et des banques en général.
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