Algérie

"La première mouture pour l'hiver prochain"


Le ministre de l'InformationDettes et suspension de journaux, publicité Anep et nouvelle loi sur la pub, sont autant de sujets abordés par le ministre.C'est à l'arbre que l'on reconnaît les fruits; c'est le message que délivre Hamid Grine, ministre de l'Information et de la Communication qui affirme qu'une presse professionnelle crédible doit d'abord faire son examen de conscience. C'est du moins ce qu'il suggère en déclarant: «Une presse responsable se doit d'avoir une rentabilité saine et dont les responsables doivent raisonnablement bien payer le personnel journalistique, lui assurer une couverture sociale et aussi la formation.»L'on ne peut plus clair de la part du premier responsable d'un secteur qui a longtemps souffert de pratiques qui ont parfois clochardisé le métier d'Albert Londres en Algérie. Grine part désormais en croisade contre les tares qui accablent le 4e pouvoir en invitant éditeurs et journalistes à balayer devant leur porte. Usant d'un ton réaliste et adoptant une attitude ferme, l'actuel ministre fait tomber les masques de l'hypocrisie. Alors qu'une levée de boucliers a eu lieu à la faveur de la fermeture de quelques «canards boiteux» il a répondu derechef: «Dans le cas de la suspension de trois ou quatre journaux, si la presse se sent solidaire, j'invite les patrons de journaux à participer et à mettre la main dans la poche et à éponger les dettes.» Invité à un forum, organisé à Alger, il a alors rappelé les priorités de son département, notamment «la professionnalisation et la mise à niveau de la presse écrite».De nombreux chantiers sont prévus à cet effet, dont l'installation prochaine des autorités de régulation de la presse écrite et audiovisuelle, du conseil d'éthique et la commission de délivrance de la carte du journaliste professionnel. Une certaine presse décoche parfois des pics au nouveau ministre en signalant le retard qu'accusent, par exemple, certains segments de ce vaste chantier, comme celui de la délivrance de la carte du journaliste professionnel. Quoi qu'il en soit, Grine dit vouloir avancer résolument afin d'asseoir son fameux projet du cercle vertueux. Il annonce une quarantaine de textes d'application et de projets de loi qui sont en voie de finalisation et qui concernent, entre autres, la publicité et le sondage. Il précise que la première mouture des textes de loi sur la publicité et le sondage sera prête en septembre, ajoutant que leur signature est prévue au cours du mois de décembre ou de janvier.Abordant la question de certains titres de presse qui ne paraissent plus pour dettes non payées envers la Société d'impression d'Alger (SIA), le ministre a affirmé qu'il ne s'agit pas d'une suspension ou d'une décision politique, mais plutôt d'un «traitement technique et équitable sans aucun compromis». A ce propos, il a indiqué que depuis un mois «20 milliards de centimes de dettes ont été récupérés sur un total de 400 milliards de centimes», déplorant l'existence de «journaux criblés de dettes alors que leurs patrons ont une richesse remarquable», sans vouloir citer de titres. Concernant certains journaux dont le droit à la publicité a été retiré par l'Agence nationale d'édition et de publicité (Anep), Grine tient à souligner par cette cinglante remarque que «le droit à la publicité n'est pas un droit constitutionnel», affirmant que «jusqu'à présent, le ministère de la Communication ne s'est pas impliqué dans la gestion de l'Anep». Interpellé sur la distribution des journaux vers l'intérieur du pays et le Sud, l'invité du forum a annoncé qu'un projet de création d'un réseau de distribution de journaux publics et privés sera finalisé vers la mi-août.Sur l'ouverture du champ audiovisuel, le ministre évoque une volonté de ne pas rééditer l'expérience de la presse écrite. «Le plus grand tirage peut toucher un million de lecteurs, mais une petite télé peut toucher dix millions de téléspectateurs. La presse, même arabophone, est élitiste. La télévision touche des personnes passives. Or, il faut être actif pour lire», avance-t-il. Le ministre affirme que le prochain chantier du ministère sera l'audiovisuel. Il a, en outre, ajouté qu'un bilan d'Etat sur les fréquences des chaînes de radio nationales à travers les wilayas du Sud, particulièrement, sera étudié avec l'entreprise de télédiffusion d'Algérie (TDA) pour pallier aux problèmes de diffusion dans ces régions.La presse publique, tous supports confondus, «manque d'agressivité et doit changer de réflexes sans pour autant omettre sa mission de service public», a enfin relevé Hamid Grine. «La presse publique manque de pugnacité. Elle fait parfois de l'autocensure, mais c'est une presse qui n'insulte pas, qui ne dénigre pas et qui ne fait pas dans la diffamation.»Ce qui est attendu de la presse publique, écrite ou audiovisuelle, selon le ministre, «c'est non seulement l'appui au programme du gouvernement, mais aussi qu'elle soit lue et suivie» et qu'elle accomplisse sa mission de service public avec «professionnalisme et dans les règles de l'éthique», a-t-il dit.


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