Algérie

La politique et son avenir


L?absence d?enjeux électoraux a rendu « pacifique » l?image de l?Algérie, ce qui n?est pas pour déplaire aux capitales étrangères désireuses de faire des affaires avec un pays qui s?enrichit à vue d??il sous l?effet des prix élevés du pétrole. Mais le climat politique en apparence apaisé est artificiel, car il est davantage le résultat d?une concentration des pouvoirs entre les mains d?une seule personne que l?expression d?un équilibre général harmonieux des forces politiques et sociales du pays. Nombre d?entre elles ont été affectées par le plébiscite du 8 avril, parmi elles deux importantes institutions, l?Armée et le FLN. Mettant en place une nouvelle équipe dirigeante militaire après la démission du général-major Lamari, ex-chef d?état-major, Bouteflika a ôté à l?Armée ce rôle aux allures de contre-pouvoir qu?elle s?était approprié durant les décennies où elle était le centre de la décision politique. Les généraux n?auront plus à l?avenir à discuter ou à remettre en cause les stratégies présidentielles, y compris celles qui engagent l?avenir de la nation. L?autre lieu de contestation que le chef de l?Etat a annihilé est le parti FLN à la suite d?une bataille acharnée livrée contre son secrétaire général Ali Benflis, devenu son principal adversaire à la présidentielle du 8 avril. Le mouvement des « redresseurs » que dirige Belkhadem, ministre des Affaires étrangères, sous-traite le processus de liquidation définitif de la branche rebelle du parti. Sentant le danger que représente toute opposition frontale à Bouteflika et convaincus que des dividendes peuvent être tirés d?un alignement sur lui, deux partis, le RND et le MSP, ont pris leurs devants, se mettant carrément sous la coupe du chef de l?Etat : présente en force au sein des institutions élues, l?« Alliance présidentielle » s?est dictée comme ligne de conduite, et en coordination avec l?Exécutif, d?étendre la « pax Bouteflika » sur le pays. Sous étroite surveillance, des partis, à l?image du RCD et du PT, s?attellent à « digérer » leur dernière expédition vers la présidentielle ou à remettre de l?ordre dans leur maison, comme le FFS soumis à de fortes turbulences. Le silence est de règle chez la plupart des hommes politiques qui regardent d?un ?il nouveau leur métier devenu périlleux en l?absence d?un minimum de conditions pour son exercice et face à l?alternative qui paraît se présenter devant eux : se soumettre ou se démettre. Reste que la question-clé est la suivante : Bouteflika mettra-t-il toute sa puissance pour lancer, à partir de septembre prochain, les réformes majeures qu?attend désespérément le pays et reportées d?année en année ? Ou en usera-t-il pour étendre davantage son pouvoir ? Dans ce cas, c?est toute la nation qui pâtira de son absolutisme.
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