Algérie

L'assurance des personnes frémit… et fait des coups de pub

Les produits publicitaires lancés par les compagnies d'assurance de personnes ont fait, ces derniers mois, une apparition remarquée dans les médias et l'espace public. L'activité connaît un frémissement en 2012 après une chute brutale du chiffre d'affaires en 2011… Elle fait sa pub même s'il faut «20 ans pour former la demande» !
Les campagnes de pub s'affichent à la radio, la télévision, dans la presse écrite et jusque sur les véhicules de transport publics. Ainsi qu'on pouvait s'y attendre, les acteurs qui misent le plus sur cette stratégie dynamique de marketing sont les compagnies privées. Axa Algérie en tête suivie de près par la Macir-vie, filiale spécialisée de la CIAR. Les compagnies publiques sont en retrait sans doute pour des raisons d'opérationnalité retardée des filiales constituées à l'initiative des pouvoirs publics. Cette arrivée des produits d'assurance de personnes dans l'espace public est une première en Algérie pour un domaine d'activité au potentiel estimé par certains analystes à plusieurs milliards de dollars. On en est encore bien loin… Ce qui n'empêche pas les compagnies présentes sur le marché d'afficher leurs ambitions. Nacer Aberhouche, le jeune PDG de TALA-assurance, filiale de la CAAT, veut prendre «40% du marché dès 2015». Plus mesurés, les objectifs de la filiale spécialisée du groupe AXA Algérie visent quand même une part de marché de 17% en 2015. Macir-Vie ambitionne de son côté de faire croître au rythme de 10% par an un chiffre d'affaire qui était déjà de 400 millions de dinars l'année dernière. Des perspectives un peu lointaines… Depuis le 1er juillet 2011,l'ensemble des compagnies d'assurances algériennes ont été tenues de séparer les assurances de personnes et les assurances de dommages en créant des filiales distinctes. Il ne reste que 7 acteurs dans l'assurance des personnes et ils n'ont pu éviter une chute brutale du chiffre d'affaire de la branche. Il n'a pas dépassé 1 milliard de dinars au premier trimestre 2012, divisé par deux par rapport à la même période de 2011. L'activité a cependant redémarré fortement au deuxième trimestre 2012. Selon des données récentes du Conseil national des assurances (CNA), le chiffre d'affaire des assurances de personnes dépasse déjà 6% de la production du secteurau premier semestre 2012. La machine est donc en route et on devrait dans une première étape retrouver très vite les niveaux de production antérieure à la réorganisation du secteur.
DE LARGES ALLIANCES INTERNATIONALES
Les nouveaux acteurs de la branche se sont donnéles moyens de réussir. La plupart s'appuient sur de larges alliances souvent ouvertes à des partenaires internationaux et qui privilégient la nouvelle activité de la bancassurance. le tandem Cardif-CNEP avait ouvert la voie dès 2008. Il a depuis été imité par l'ensemble des compagnies publiques qui ont formé des attelages associant les banques publiques au capital des nouvelles entités créées en juillet 2011. L'exemple le plus illustratif de cette démarche est la constitution de la SAPS qui est une filiale commune de la SAA, numéro un du secteur et de la MACIF française qui se sont associés à la Badr et à la BDL. La filiale algérienne d'AXA s'est également pliée à cette règle en signantavec la BEA. L'avantage le plus visible de ces associations réside d'abord dans la constitution de vastes réseaux de distribution «multi canal» qui vont utiliser à la fois le réseaupropre des compagnies d'assurance et les points de vente constitués par les agences bancaires.
«IL FAUDRA 20 ANS POUR FORMER LA DEMANDE»
Pour l'instant, les nouveaux produits se font un peu attendre. Du côté de la SAPS, on a commencé par récupérerun portefeuille de la SAAconstitué essentiellement d'assurances individuelles accidents ou décèsqui restent pour l'heure les produits phares du marché algérien. De même que d'assurance-voyage et rapatriement de corps, et d'assurances collectives groupes pour les entreprises souhaitant protéger leurs salariés dans le domaine de la prévoyance santé. Macir- Vie vient de lancer un produit spécial Hadj et Omraainsi qu'une assurance prévoyance et santé destinée au collectifs de travailleurs pour un tarif de base proposé à partir de 200 dinars par mois. La SAPS lance une assurance emprunteur de prêts immobiliers et annonce que ses projets portent également sur la mise au point de produits d'assurance santé ou de produits de prévoyance qui seront adaptés spécifiquement pour les clients algériens. AXA Algérie propose en plus des classiques assurances voyage et décès, des produits plus originaux comme une assurance accidents de la vie et une assurance scolaire pour les enfants de 4 ans à 18 ans. AXA lance également une offre de prévoyance collective et santé, innovante sur le marché, un produit alliant niveau de remboursement élevé sur la base de frais réels et délais de remboursement très réduits selon son DG, Mme Narimane Makhloufi. Elle souligne que son entreprise a développé dans ce domaine une expertise qui permet de proposer des «contrats sur mesure» aux entreprises.
Les assureurs ne manquent pas d'idées. On évoque déjà parmi une foule d'autres projets, le lancement d'une «assurance nuptialité» qui permettra de préparer le mariage des enfants ; ou encore d'une assurance études qui financera leur passage à l'université. Des produits qui n'ont plus qu'à trouver leur clientèle. La montée en cadence du secteur ne se fera pas du jour au lendemain. Les nouvelles compagnies le savent. Ancien de la Macif française, le PDG de la SAPS, Pierre Olivier Adrey le dit simplement : «il faudra 20ans pour former la demande»
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