Algérie

Kadhafi pour libérer les otages autrichiens


C'est à un jeu dangereux que sont actuellement en train de se livrer certains services de renseignements occidentaux, à la faveur de l'enlèvement des deux touristes autrichiens par la branche Maghreb de l'organisation terroriste Al-Qaïda. L'ultimatum fixé à dimanche par les ravisseurs étant expiré, denouvelles informations, distillées au compte-gouttes, confirment au moins que beaucoup de services de renseignements occidentaux savent parfaitement à quoi s'en tenir avec ce groupe dont la localisation serait en train de nourrir un débat déplacé. Il y a d'abord les Tunisiens, frileux comme à leur habitude, qui veulent faire croire que les deux touristes n'ont pas été enlevés sur leur territoire, ensuite les autorités maliennes qui affirment que les otages et leurs ravisseurs, des éléments de l'ex-GSPC algérien, ne sont pas dans la région de Kidal, au nord du pays. Et puis, soudainement, lundi, les autorités autrichiennes rebondissent et appellent au secours le leader libyen Mouammar Kadhafi pour libérer les deux otages. Selon un diplomate libyen à Bamako, l'Autriche a demandé à la Libye de «participer à la libération» de ses deux ressortissants enlevés le 22 février en Tunisie. «Mon pays a été sollicité par l'Autriche pour participer à la libération des deux otages et nous ferons tout notre possible pour que les otages retrouvent la liberté», a-t-il précisé. Selon plusieurs sources proches du dossier, la Libye a déjà établi un contact avec les ravisseurs des otages «dans le vaste Sahara». Selon certaines informations, les ravisseurs et leurs otages se trouvent au nord du Mali, ce que démentent les autorités maliennes. Dans cette partie désertique du Sahel, un vaste territoire, entre l'Algérie, le Mali, le Tchad, le Niger et la Libye, les «caches» et les endroits absolument isolés du monde sont aussi nombreux que les possibilités de retrouver les ravisseurs et les otages également faciles avec la surveillance satellite. Et, de ce point de vue, ils sont facilement repérables. C'est là justement qu'une certaine hypocrisie des services de renseignements peut-être relevée, car tout ce beau monde n'a pu être avalé par le désert, qu'il soit malien ou autre. Le groupe a, en fait, été déjà localisé par plusieurs services de renseignements, mais l'endroit où ils sont est tenu secret pour plusieurs raisons, dont celle relative à la vie des otages. Le deuxième élément de cette affaire est que les ravisseurs ont accepté de prolonger, indéfiniment, selon certaines sources proches du dossier, leur ultimatum. En fait, les ravisseurs ont tout simplement mis fin à toute pression ou chantage sur le gouvernement autrichien, dès lors que celui-ci a reconnu implicitement être en contact avec eux. Et qu'il a accepté l'idée de non seulement négocier la libération des deux touristes, mais surtout de ne pas refuser le paiement d'une rançon contre leur libération. L'idée du paiement d'une rançon, avancée au début de l'enlèvement, prend forme, et il est fort probable que le dénouement de toute cette scabreuse affaire soit lié au montant de cette rançon, qui serait un peu plus élevé que les 5 millions d'euros avancés par la presse autrichienne. Au nord du Mali, des sources locales avaient confirmé l'information relative à la demande d'une rançon contre la libération des deux otages. Cependant, les autorités autrichiennes n'ont pas officiellement annoncé avoir demandé l'aide de la Libye. Le porte-parole du chancelier autrichien n'a pas voulu confirmer lundi une prise de contact téléphonique entre M. Gusenbauer et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, révélée par les médias autrichiens et l'agence de presse libyenne Jana. «Nous avons pris des contacts avec de nombreux hommes politiques internationaux, y compris ceux de la région» où se déroule cette prise d'otages, a-t-il ajouté. Wolfgang Ebner, 51 ans, et sa compagne Andrea Kloiber, 44 ans, des habitués des randonnées dans le désert, ont été enlevés le 22 février par des membres de l'organisation islamiste Al-Qaïda, alors qu'ils circulaient dans le Sud tunisien. Plusieurs services de renseignements sont sur place dans la région de Kidal, notamment français et libyens. Cette région du Mali est connue pour être le fief des Touareg qui en connaissent chaque zone, mais également un vaste «pays» de repli et la cache idéale pour des mouvements d'opposition, des rebelles ou des groupes terroristes. Une région qui, toutefois, est constamment balayée par les satellites espions américains depuis que Washington a décidé de mener une guerre totale au terrorisme. Il y a comme une odeur malsaine, quelque chose de pas très net, ni logique dans toute cette affaire.

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