Algérie

Filet social ou esclavagisme ?

Le nombre de personnes recrutées au niveau de chaque commune de la wilaya de Tizi Ouzou, dans le cadre du filet social (IAIG), augmente d’année en année.

Payés mensuellement à 3000 DA seulement, ces défavorisés de la société font souvent l’objet d’une exploitation à la limite de l’esclavagisme. Les responsables des communes n’hésitent pas à leur confier les tâches les plus délicates, à temps plein. Epargnés par leurs chefs. Si les jeunes filles triment, elles aussi et sans interruption, dans les bureaux d’état civil et autres services administratifs, les hommes sont envoyés, quant à eux, s’occuper de la voirie et du gardiennage. Le cas des agents IAIG affectés dans certains établissements scolaires à Illilten, dans la daïra d’Iferhounène illustre de l’ampleur du drame. Recruté il y a plus de huit ans, un agent IAIG affirme qu’il travaille du matin au soir et durant toutes les journées de la semaine. Ce père de deux enfants qui travaille au niveau de l’école primaire du chef-lieu de la commune attend depuis huit ans la décision de son recrutement. L’un des ses collègues, recruté dans le même cadre et opérant au niveau d’une autre l’école primaire, dénonce également le mépris dont fait objet cette catégorie de travailleurs de la part de l’administration. « On nous demande d’accomplir plusieurs tâches qui ne relèvent pas de notre mission. Ils oublient que nous sommes engagés pour travailler une demi-journée seulement contre un salaire de 3000 DA. Nous ne sommes même pas assurés en cas d’accident de travail », s’insurge-t-il. « Lorsqu’il s’agit de la régularisation des employés contractuels, ils préfèrent recruter leurs proches », accuse-t-il. C’est le cas de le dire dans plusieurs communes de la wilaya de Tizi Ouzou où ceux qui sont engagés en tant que chauffeurs, mécaniciens ou éboueurs, se retrouvent dans les bureaux du service d’état civil ou simplement payés en restant carrément chez eux. Les agents IAIG ne sont toutefois pas les seuls à souffrir de cette situation précaire. Les jeunes diplômés, recrutés dans le cadre du pré-emploi font partie de cette catégorie d’« employés » qui ne voient toujours pas le bout du tunnel.
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