Algérie

Fête de l’Indépendance et de la Jeunesse

Echec de l’opération «Un drapeau par foyer» Finalement, pourrait-on dire, que la montagne a accouché d’une souris. En effet, annoncée, en grandes pompes, l’opération un drapeau par maison et par commerce à laquelle ont appelé les pouvoirs publics et pour le succès de laquelle 85000 scouts ont été mobilisés, n’a pas connu le succès escompté, du moins, à Oran. Ainsi, en Ville nou-velle, de part et d’autre de l’Esplanade de l’Indépendance, plus communément appelée Tahtaha, sur les lieux même où l’OAS de triste mémoire a fait exploser, le 18 Février de l’année 1962, la première voiture piégée de l’histoire, seul un cafétéria a répondu à l’appel et déployé un grand drapeau, tout neuf. Ici, et exception faite des petits fanions accrochés la veille par les services de la municipalité, seul ce petit mais combien aimé cafétéria s’est donné la peine de planter, sur son fronton, un grand drapeau, flambant neuf. Ailleurs, les gens vaquaient normalement à leurs occupations et rien n’indiquait la particularité de cette journée. Chose curieuse et inquiétante à la fois, sur la dizaine de personnes que nous avons approchées et interpellées, dans la matinée d’hier, seules quatre savaient que le pays célébrait la Fête de l’Indépendance et de la Jeunesse. Parmi celles-ci, deux adolescents ne savaient même pas que c’est le 5 Juillet 1962 que l’Algérie a recouvré son indépendance et que pour y parvenir, elle a sacrifié plus d’un million et demi de ses meilleurs enfants. L’un de ces jeunes, H.K, 16 ans, originaire de Ami Moussa, dans la wilaya de Relizane, déclare «Ma famille ayant été chassée de ses terres par des groupes terroristes en 1996, nous nous sommes établis à Oran, plus précisément à Cola. Depuis lors, personne ne s’est intéressé à nous et à notre sort. Pour survivre, mes frères et moi-même devons travailler dur. Je n’attends que le jour où j’aurai suffisamment d’argent pour aller en Espagne». Prié de dire s’il aimait l’Algérie, ce jeune a éclaté en sanglots avant d’asséner «Vous voyez dans quelle situation ils nous ont réduits !!» A notre question de savoir ce que représentent pour lui le vert, le blanc et le rouge, H.K réplique «Posez votre question à ceux qui possèdent et qui ont un avenir dans ce pays !!» Dans les quartiers périphériques, de très rares haouchs arboraient des drapeaux algériens. Pour en savoir davantage sur cette défection, nous avons approché un marchand de légumes de M’dina Jdida. Selon ce citoyen, «les Algériens portent leur pays et ses couleurs dans leurs cœurs et n’ont pas besoin de recevoir de leçons de nationalisme ou de patriotisme de gens qui leur mentent effrontément». Une sentence lourde de sens lorsque l’on sait que les Algériens, ballottés depuis des lustres par des promesses jamais tenues, ne croient plus que ce qu’ils voient et touchent. Nemili M.
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