Algérie

Exposition. Annaba vue par l’irakien Faïsel laïbi Saïhi, Les lieux de mémoire revisités


Le guide n’est autre que le poète et plasticien irakien Faïsel Laïbi Saïhi. Ses tableaux de peinture proposent au promeneur du regard une longue et envoûtante balade nostalgique dans le vieil Annaba. Le Annaba palpitant qui sait dire son architecture mais qui sait surtout traverser les âges, les modes et les destins communautaires.

Le cœur de la cité ancienne auquel nous convie l’artiste peintre passe d’abord par une restitution de quelques hauts lieux de mémoire. Des lieux porteurs de sens et de sensations. Des lieux qui s’appellent et continuent de s’appeler, par la force de l’habitude et de la tendresse, la place de Numidie, l’Impasse St Nicolas, Dar Bouzamendo, rue Thomas Garcia et la rue des Pyrénées. Faïsel s’exprime en sentinelle amoureux de la ville mais aussi en historien-poète et surtout en quêteur inassouvi du beau quand il dit que la ville est un être qui vit, un être qui respire et aspire. Il parle de Annaba comme on parle d’un être cher et interpelle par sa sensibilité d’artiste tout ce qui ont tendance à oublier qu’une cité est d’abord une jonction d’émotion, de beauté, de savoir transmis et de lieux symboliques. Et c’est en ce sens que les propriétaires de la galerie Emeraude ont vu juste en invitant cet Algérien de cœur et d’adoption — il est marié à une algérienne — à exprimer son attachement à des villes d’art et d’histoire comme Annaba qui n’a pas usurpé son nom de « coquette » et Constantine l’intrépide. Notons que la galerie Emeraude constitue l’unique galerie d’art de la ville de Annaba et qu’elle a à son actif plusieurs dizaines de manifestations culturelles et artistiques. Fondée, il y a quelques années, déjà par deux femmes artistes, la galerie s’est aussi spécialisée dans tout ce qui touche à la céramique d’art. Lieu d’expression de l’élégance, la galerie est devenue au fil des jours un espace privilégié à tout ce qui à trait à la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel. L’esthétique est son credo. Les deux gérantes croient en leur mission culturelle. Elles n’ont que faire des âmes défaitistes et de tous ceux et toutes celles qui pensent que seul le tube digestif est primordial en ces temps de disette intellectuelle et d’incertitude généralisée. Chapeau bas Mesdames !


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