Algérie

Espace noun-Exposition picturale de Chegrane, Des signes et des lettres



Nourreddine Chegrane est un nom imposant sur la scène des arts plastiques algérienne. Disciple de M’Hamed Issiakhem, Nourreddine Chegrane a su s’imposer à travers une démarche picturale remarquable et un savoir-faire certain.

Depuis 1969, il ne cesse d’exhiber ses remarquables œuvres aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. Ainsi, mercredi dernier, a eu lieu dans le sympathique petit espace de la galerie de l’espace Noûn, à Alger, le vernissage de son exposition de peinture. C’est devant ses amis et des amateurs des arts plastiques que Nourreddine Chegrane a ainsi étrenné sa nouvelle collection. Une exposition rivalisant de multiples signes et de couleurs gaies. Les cimaises du rez-de-chaussée et l’étage supérieur du lieu sont ornées d’une trentaine d’œuvres de petits et grands formats, réalisées pour la plupart à l’aquarelle entre 2004 et 2006. Si par le passé Chegrane se plaisait à mettre en exergue le thème de la femme à travers des silhouettes élancées, aujourd’hui il présente des couples fortement épris l’un de l’autre, se tenant par la main. L’artiste explique que c’est un homme qui prône l’amour, la liberté, l’unisson et la durabilité du couple dans le temps. Mieux encore, ces couples semblent déambuler dans le néant, avec un enfant. Signe qu’actuellement les enfants ne sont plus présents en masse dans les foyers.« En intégrant, dit-il, les enfants dans mes espaces, je veux tirer la sonnette d’alarme sur la relève. Il ne faut plus parler de femmes seules ou veuves. J’ai l’impression que les couples et les enfants n’existent plus », argumente-t-il. L’ensemble des œuvres de Nourreddine Chegrane regorge de couleurs, de lumière et de musicalité. Fidèle à certaines caractéristiques, l’artiste accompagne ses espaces de colombes, d’oliviers... et de signes chers à lui. En parfait « aouchemiste », ces éléments lui servent de fond avec un rappel de vibrations musicales. Sa palette est des plus claires avec une préférence cependant pour le bleu. « Le signe au féminin pluriel », « La danse du noun », « Hommage à Aouchem mouvement » sont autant de titres de tableaux révélateurs qui renseignent sur leur contenu. Chegrane avoue « que vendre ses œuvres lui permet d’exister, car comme il le dit si bien, ce sont des centaines de générations qui ont grandi avec mes œuvres. J’ai toujours voulu m’introduire dans des familles à travers mes productions ». Sur un ton navré et dépité, il révèle qu’« un gros problème lui empoisonne l’existence, à savoir son œil droit qui est défaillant depuis une année suite à un violent coup que lui a assené un voisin ». Depuis cette terrible agression, sa vue a baissé, entravant de ce fait son travail. La compétition est pour ainsi dire rude. Malgré cela, il persiste à produire mais difficilement. Heureusement, confie-t-il, qu’il avait produit dans le temps. C’est ce qui lui permet de faire bouger quelques-unes de ses œuvres dans certains espaces d’expositions. Sinon, Nourreddine Chegrane a actuellement quelques projets dont des hommages à Baya et à Matis. Il compte revenir d’ici la rentrée prochaine avec une exposition qui est différente des précédentes.

 




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