Algérie

En hausse pendant la fête de l'Achoura

?Le nombre de mendiants augmente, de jour en jour, à Oran et surtout à l'approche des fêtes religieuses. Ces derniers jours et à l'approche de l'Achoura, on les retrouve partout : aux feux de signalisation, à l'entrée des mosquées, des écoles, des restaurants et des arrêts de bus. Certains vont même jusqu'à faire du porte-à-porte... Ces mains qui se tendent pour demander l'aumône. A chacun sa méthode. Ce genre de pratiques, bien qu'interdit par la loi, prend de l'ampleur et les mendiants professionnels s'organisent, de plus en plus, dans des réseaux. Des réseaux qui emploient surtout les femmes et les enfants. Des femmes très jeunes, avec des enfants, souvent avec des bébés de quelques mois, voire d'à peine une semaine, ainsi que des adolescents, envahissent, chaque matin, les artères de la ville d'Oran, à l'instar des grandes villes d'autres wilayas. En dépit des efforts des services de l'Action sociale pour assainir la situation, les mendiants refusent de se rendre à ‘Diar Errahma', des pensions de personnes âgées et démunies, tout simplement parce qu'ils (et elles) trouvent leurs comptes dans les rues, plutôt que d'aller se reposer dans ces pensions. Bien que les services concernés fassent état d'une nette régression de leur nombre, on les trouve un peu partout.En effet depuis 2010, le SAMU social d'Oran a pris en charge près de 1.800 mendiants, dont 510 en 2011, 442 en 2012, 240 en 2013, 309 en 2014, une centaine en 2015 et un nombre identique cette année. Ces chiffres indiquent que leur nombre est en régression et ce grâce aux campagnes de sensibilisation et les aides de quelques organismes et associations et les mesures prises par la direction de l'Action sociale. Aussi cette direction a renforcé le dispositif de lutte contre le fléau de la mendicité. Les mendiants professionnels sont appréhendés avec la contribution des services de sécurité et des autorités judiciaires, territorialement, compétentes avant d'être transférés devant les tribunaux pour répondre de leurs actes. En effet les artères principales ou les places publiques demeurent l'exemple le plus frappant pour cette tranche de mendiants et mendiantes, et nombreuses sont toutes ces femmes qui bordent les trottoirs, implorant la pitié de tous les passants... Le «laisser-aller» de certains services aidant, les barons de la mendicité se sont partagés les territoires et effectué des recrutements parmi les populations vulnérables. On croit savoir que ce nouveau commerce génère une fortune et est similaire à l'esclavage des temps modernes. La majorité sont venus d'autres villes, voire de wilayas lointaines. Adossés aux murs ou couchés à même le sol, ces quémandeurs mettent à terre tout le paquetage : bébés, couches, biberons, boîtes de lait, ordonnances, boîtes de médicaments... avant d'entamer leur litanie. Ultime échappatoire, pour certains citoyens excédés par la misère de la vie quotidienne, le chômage et la précarité, moyen de doubler ses gains pour d'autres, peu importe la définition, la mendicité demeure, pour ces passants, le reflet de la misère sociale qui s'est emparée de certaines couches sociales. Chacun à sa manière aborde les passants et arrive, parfois, même à les agresser, jusqu'à ce que la personne cède. Pour les hommes, c'est souvent à proximité des mosquées qu'ils quémandent la charité, en invoquant différents motifs à même de sensibiliser tous les fidèles, les uns pour compléter leurs voyages pour des destinations lointaines, les autres pour y subir une opération chirurgicale, l'achat de médicaments ou des analyses avec présentation de documents pour confirmer le bien-fondé de leurs demandes qu'elles soient fictives ou réelles. Les exemples ne manquent pas. Ainsi et dans le cadre d'une opération de recensement menée par la direction de l'Action sociale, en collaboration avec la SAMU social d'Oran, des dizaines de mendiants ont été répertoriées et des fiches sur leur situation sociale ont été élaborées.Le but de cette action est de faire bénéficier cette catégorie de la société des différents dispositifs d'insertion professionnelle d'aide, alors qu'en cas de récidives des mesures seront prises à leur encontre. Ce genre de pratiques bien qu'interdit par la loi prend de l'ampleur et les mendiants professionnels s'organisent, de plus en plus, dans des réseaux...
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