Algérie

Éducation nationale

Une nécessaire reprise en main En visite de travail dimanche dernier à Annaba, Boubaker Benbouzid, ministre de l?Education nationale a parlé de la nécessité de hisser le niveau pédagogique. Au contact direct des élèves, de leurs enseignants et des chefs d?établissement, il a constaté qu?à Sidi Salem (El Bouni), El Hadjar, Hadjar Diss, Berrahal, Aïn Berda ou à Annaba, le niveau pédagogique a énormément régressé. La situation risque de s?aggraver davantage que celle vécue durant le baccalauréat 2005/2006. La wilaya de Annaba avait été classée 38è sur 48 wilayas. Tout porte à croire que les enseignements n?ont pas été tirés. En fait, la visite de M. Benbouzid est considérée par les parents d?élèves comme très tardive à quelques semaines de la période des examens. C?est dire que le semblant de colère affiché publiquement par M. Benbouzid, bien cadré par la caméra de l?ENTV avec des journalistes tout ouïe à ses propos, était bel et bien du cinéma. Le ministre a parlé de mise en place de commission d?enquête. Elle n?est pas destinée à élucider le pourquoi de la faiblesse pédagogique et la cause des très mauvaises notes enregistrées dans les différents lycées, collèges et écoles visités. Cette commission d?enquête est chargée de faire le décompte des dépenses engagées dans la réalisation de nouvelles infrastructures de l?éducation. Le lycée 1000/300 Sidi Amar en est une. Sa construction est évaluée à 230 millions de dinars. Durant les étapes de sa visite, le ministre s?est satisfait de quelques remontrances par-ci et de félicitations par-là, édulcorées d?instructions à son représentant à Annaba. Il n?a exprimé aucune remarque sur les difficultés que vivent les élèves au contact de leurs enseignants, sur la déficience des personnels enseignants, au contenu des enseignements dans la wilaya de Annaba. Il ne saura rien de cette pratique devenue courante qui fait que la plupart des établissements scolaires des 3 paliers sont confrontés à l?absentéisme et des effectifs pléthoriques dans d?autres. Comme il ne saura également rien sur le nombre effarant d?instituteurs du primaire dont l?incompétence n?est plus à démontrer. Rien aussi sur ces établissements qui adoptent une sélection rampante des élèves qui n?ose dire son nom. Au mépris des textes constitutionnels et des dispositions constitutives des institutions, des élèves sont éternellement voués au fond de la classe. D?autres bénéficient de toutes les attentions. Bien qu?il ait discuté avec plusieurs d?entre eux, Benbouzid éludera les nombreuses vicissitudes dans la formation du personnel enseignant. « La faute revient d?une part aux structures inadaptées de gestion au niveau du ministère et à la mauvaise conception de l?inspection générale chargée de la pédagogie, à son manque de moyens d?action sur le terrain d?autre part. Je dois préciser que notre système d?éducation souffre d?une grande dispersion dans les disciplines à enseigner. En fait, les nouvelles générations ne sont ni pires ni meilleures que celles des années 1970 et 1980. Le ministère doit impérativement réagir pour reprendre en main la situation qui lui échappe de plus en plus », a affirmé un des professeurs ayant requis l?anonymat. Il y a ceux qui ont estimé que des programmes encyclopédiques et le fait démographique ont concouru à faire craquer l?ensemble des structures.
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