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Economie mondiale : Le spectre de la récession Actualité : les autres articles

Economie mondiale : Le spectre de la récession Actualité : les autres articles
L'économie mondiale offre une vision apocalyptique de 2012. La crise qui secoue actuellement la zone euro fait craindre le pire.
Les institutions de Brettons Woods (FMI et Banque mondiale) ne cachent pas leurs craintes quant à la résurgence d'une récession en 2012. De leur côté, l'humeur des marchés est loin de l'optimisme. La croissance poussive, qui a caractérisé l'année qui s'écoule, laisse entrevoir de faibles perspectives pour l'année qui arrive, si ce n'est une nouvelle récession. A la crise dans la zone euro, s'ajoutent un ralentissement annoncé aux Etats-Unis et une baisse de la croissance dans les pays émergents des BRIC. Les prévisions de l'économiste Nouriel Roubini, concernant une récession en double creux ou double Dip, risquent de se confirmer.
Cependant, quelques analystes mettent en doute la portée d'une nouvelle récession.
C'est le cas notamment du financier Eric Pichet. Celui-ci rappelle qu'en 2009, la baisse du PIB mondial était de 2,5%. Une baisse «puisqu'il s'agissait, selon lui, de la première baisse du PIB mondial depuis'1933». L'analyste pense qu'«on s'achemine vraisemblablement en 2012 vers un ralentissement de l'économie mondiale qui avait repris sa tendance du début du XXIe siècle autour de 5% par an à environ 3%. Les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, etc.) devraient connaître une croissance de l'ordre de 5-7% en 2012 en retrait par rapport au rythme de 8-10% des deux dernières années».
Moins optimiste, Henri Sterdyniak, directeur du département économie de la mondialisation de l'OFCE, pense que «de toute évidence, les pays développés ne réussissent pas à sortir de la crise». Il appuie ses propos par le fait que «les pays anglo-saxons ont été particulièrement touchés par la crise financière ; les ménages ont perdu une grande partie de leur richesse. Les pays de la zone euro sont englués dans la crise des dettes publiques». Et d'ajouter qu'aucun grand pays industrialisé ne retrouvera un dynamisme suffisant pour effacer les stigmates de la crise (déficit public élevé, fort taux de chômage).
L'Algérie n'y échappera pas'
La crise n'épargnera donc personne. L'Algérie ne peut échapper à la situation. Le fait est que, fortement dépendante des exportations hydrocarbures, l'économie algérienne est suspendue au moindre rhume sur les marchés du brut. Or, on ne peut prédire aujourd'hui ce que le marché pétrolier nous réserve en 2012.
Les tensions actuelles sur le marché poussent l'analyse à prévoir un baril qui pourrait atteindre un sommet de 150 dollars.
Les défenseurs d'une telle hypothèse ne manquent pas d'arguments. Les tensions géopolitiques d'abord, notamment dans le golfe Persique, où l'Iran menace de fermer le détroit d'Ormuz.
Mais aussi l'offre sur le marché, qui perd 4 millions de barils par jour à cause du déclin naturel des champs pétroliers dans le monde. Le ministre de l'Energie et des Mines, Youcef Yousfi, a estimé, jeudi à Alger, que le monde a besoin, à terme, d'environ 30 millions de barils par jour (mbj) de plus pour assurer la stabilité des cours. Or, en ce qui concerne 2012, M. Yousfi n'a pas écarté une baisse des cours, car il n'est pas impossible, selon lui, que la conjoncture économique actuelle et la crise de la zone euro aient un impact négatif sur la demande de pétrole. Selon Eric Pichet, le ralentissement de la croissance aura des implications sur les prix des matières premières «notamment sur ceux du pétrole qui devraient baisser».
Il anticipe pour le cas de l'Algérie une «moindre demande de pétrole et de gaz et une baisse des prix, ce qui rendrait difficile la situation économique du pays en 2012 (') la baisse prévisible des cours rendra encore plus urgente une réforme économique et sociale de l'Algérie ». Et d'ajouter : «Dans tous les cas, l'économie algérienne devra être réformée pour accroître significativement sa compétitivité et ne pas rester sous la forme d'une économie de rente basée sur le pétrole et le gaz.
Les évolutions économiques et sociales iront sans doute de pair.» Il est vrai qu'une baisse des cours mettrait à mal le budget de l'Etat, lequel prévoit des dépenses de 74 milliards euros, dont 46 milliards d'euros rien que pour le fonctionnement.
A cela, il faudra ajouter des importations en constante augmentation, lesquelles ont d'ailleurs dépassé la barre des 40 milliards de dollars.
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